Lettre ouverte de Thierry Calleau

Lettre ouverte aux représentants de la justice

Saint Médard en Jalles, le 18 février 2018

Madame, Monsieur,

Je m’appelle Thierry Calleau, sain de corps et d’esprit, je suis né le 17 mars 1962 à Caudéran, et je réside au 47B Chemin du Vimaney, 33160 Saint Médard en Jalles.

J’exerce actuellement la profession de Réalisateur Vidéo, je pratique des sports comme le surf et le VTT, je suis musicien et je médite régulièrement suite à mes passages successifs au sein du groupe Girolle, animé par André Jacquet.

Je désire ici apporter un témoignage personnel dans l’affaire qui oppose la justice à la famille Jacquet de Salignac. Je souhaite par la présente apporter les éclaircissements nécessaires sur ma perception du travail spirituel et de l’engagement tels que je les ai vécus au sein de l’association Girolle, ainsi que des méthodes éducatives d’Olivier Jacquet, observées lors de mes visites amicales.

Un petit récapitulatif de certains éléments de mon parcours personnel me semble nécessaire avant de livrer mon témoignage :

Ancien sportif de haut niveau (section athlétisme du SBUC) j’ai été confronté pendant mes 5 années de compétitions aux exigences du sport de compétition, tant en individuel (j’ai été champion de Gironde et d’Aquitaine de saut en hauteur) qu’en collectif (j’ai participé avec l’équipe d’athlétisme du SBUC à de nombreux championnats de France – échelon Nationale 1). Ces années d’entraînement et de compétition ont été vécues de mon plein gré, parfois dans la souffrance, physique ou morale, mais aussi dans de grandes joies, lors de victoires et de titres remportés.

Il me semble que tout collectif fonctionne de la même façon, dès lors que l’individu qui y adhère en accepte les conditions et les modes opératoires.

Un club de rugby, une association de loto, chasse, pêche, ou toute autre activité de groupe impose un règlement intérieur, une charte de bonne conduite de ses membres, un mode de financement de ses activités ainsi que des comptes publics rendus annuellement sur sa bonne gestion et l’équité des gains éventuellement redistribués (cadeaux au loto, trophées au rugby etc. ).

Sur le plan éducatif, j’ai passé toute ma scolarité à Sainte Marie Grand Lebrun, établissement marianiste tenu d’une main ferme, à l’époque, par des ecclésiastiques.

J’y ai reçu un enseignement de qualité, rigoureux, parfois rude sur le plan disciplinaire, avec systématisation des corrections physiques de la part des curés, enseignants et surveillants (claques, tirage de cheveux, punitions et humiliations diverses), sans que personne ne remette ce système en question, puisque portant des résultats par la suite en créant des citoyens responsables, bien formés et respectueux de l’ordre et de la hiérarchie.

C’était “une autre époque”, mais elle a façonné la génération actuelle des dirigeants et responsables de notre Société, que l’on s’en satisfasse ou non.

La constante de toute ma vie à été la recherche de la vérité, que ce soit par les institutions officielles ou par des lectures plus personnelles.

Qu’est ce que la vie ?

Que suis-je venu faire sur cette Terre ?

Que se passe t’il après la mort ?

Etc.

Les réponses communément admises dans notre société me semblaient toujours insuffisantes, et j’ai cherché de longues années par les lectures ou les rencontres des éléments nouveaux susceptibles d’éclairer ma connaissance.

Il semblerait que ceci soit un trait commun à l’humanité depuis la nuit des temps, et que ce soit le fondement même de l’évolution de nos sociétés, depuis le mode de vie le plus primitif jusqu’au monde hyper-technologique actuel.

Nous cherchons tous quelque chose, parfois seuls, parfois ensemble.

Après des années de recherches personnelles, j’ai appris l’existence d’un groupe de travail spirituel que j’ai intégré en 1989, à l’âge de 27 ans, de mon propre gré et en toute connaissance de cause.

Ce groupe indique clairement dans ses statuts son but, ses moyens, et les conditions dans lesquelles ses membres sont admis, peuvent agir, et peuvent être démis de leur qualité de membre.

Je dois admettre que mon côté franc-tireur et rebelle a posé de nombreuses fois des problèmes dans ma relation aux autres membres et à l’animateur du groupe, car il me semblait plus important d’obtenir des réponses que de me fondre dans une discipline de groupe qui pouvait parfois me rappeler celle de ma scolarité passée ou de mes entraînements sportifs.

Il m’a ainsi été demandé par deux fois de quitter ce groupe, car je ne pouvais pas réfréner mes pulsions individualistes, et préférais une forme de liberté incompatible avec la discipline d’équipe que j’avais pourtant maintes fois vécue en milieu sportif, dans des équipes de travail sur le plan professionnel, ou des groupes de musique.

Aujourd’hui je ne suis plus membre de ce groupe, mais j’en ai reçu de grands bénéfices et en perçois encore toute la profondeur et l’authenticité.

Voici ce que je pense – avec du recul – des personnes actuellement pointées par le système judiciaire :

André Jacquet, responsable et animateur de l’association Girolle, est un être sage, totalement désintéressé du matérialisme, et pourtant très rigoureux sur le plan de la gestion et des relations. Il a toujours été présent pour tous les membres du groupe ou leur famille ou amis, par ses conseils avisés, son soutien moral ou psychologique, et son absence totale d’intérêt personnel dans tout ce qu’il entreprenait en notre faveur. Son seul intérêt à toujours été de nous voir grandir en sagesse, compréhension et amour, que ce soient les adultes ou enfants qui recevaient les enseignements philosophiques et spirituels.

Les enseignement reçus au sein de l’association Girolle sont fondés sur une synthèse du bouddhisme tibétain et du christianisme, appuyés par des textes plus ésotériques issus d’anciennes écoles mystiques, Gnose, Franc-maçonnerie, Martinisme etc.

Les recherches documentaires et travaux de groupe ont tous été consignés depuis 1989 et sont numérisés, archivés, accessibles, et comportent notamment les témoignages réguliers des membres sur leurs difficultés personnelles, traumatismes vécus dans l’enfance ou en tant qu’adultes (écrits archivés sous le nom de “planches”).

Si nous revenons au sujet des “contraintes” exercées par un groupe sur ses membres, voici deux exemples assez troublants :

1 – Observons un premier groupe, se réunissant le soir dans une grande salle, avec sur les tables des documents portant des inscriptions mêlant caractères typographiques et couleurs disparates. Dans un coin de la salle, des animateurs avec au centre un responsable qui harangue la foule attentive. Dans un autre coin, et bien exposées à la vue de tous, on voit de multiples offrandes que les membres on dû faire avant de participer à cette réunion. Puis le rituel commence, incompréhensible pour le profane, sans doute un langage crypté, car l’animateur lance de façon saccadée des séries de nombres, sans rapport les uns avec les autres. Tous les membres se penchent sur les documents et commencent à y disposer des objets circulaires en réponse aux injonctions de l’animateur. Le rituel se poursuit jusqu’à ce qu’un cri tribal retentisse : “Bingo !!!”

C’était le loto-bingo de Salignac ou d’ailleurs, avec son rituel particulier, ses membres obéissants, son animateur, ses offrandes et tout ceci sans aucune arrière pensée de manipulation mentale ou psychologique des participants, sinon leur désir de passer un bon moment ensemble, et éventuellement de repartir avec un jambon ou le lave-linge du gros lot.

Étonnant, non ?

2 – Exemple suivant : l’animateur semble furieux et hurle aux membres – tous consentants et cotisants, vêtus de l’uniforme rituélique – des mots incompréhensibles pour les profanes, “Maul ! Maul !!” Ou encore “Percutez les gars, perforez moi leur attaque” parfois il insulte un membre “Gégé envoie un peu la purée, t’es pas une fiotte !!!” Ou tout autre florilège de mots doux …. puis à la fin du rituel, souvent couverts de boue, épuisés et parfois blessés physiquement ou moralement, les membres quittent ce terrain glacial et détrempé, pour prendre collectivement une bonne douche, tous ensemble, nus, et parfois un peu molestés ou amicalement tripotés au niveau des parties génitales par leurs camarades, mais en toute amitié …

Puis chaque fin de semaine, un grand rituel collectif oppose deux groupes dans un affrontement codifié, devant un public payant et consentant, rituel pouvant parfois conduire à des violences, tant dans l’arène qu’en dehors. En fin de rituel le groupe vainqueur s’adonne à des hurlements de contentement, parfois des agressions buccales ou tactiles sur les femelles spectatrices, pour finir la soirée dans un autre rituel alcoolisé pouvant éventuellement conduire au décès d’un ou plusieurs participants, sur la route du retour, ou suite à une rixe alcoolisée, ou encore au viol d’une femelle en état d’ébriété … Le rugby, version paroxystique certes, mais réelle !!

Le rugby, l’entraînement, le match, la troisième mi-temps, avec tous ses débordements potentiels associés, mais finalement inscrits dans le fonctionnement “normal” de notre société.

Évidemment les familles pleurent les jeunes tués sur la route, la victime de viol portera plainte, ou pas, selon le degré de souvenirs qu’elle conservera de la soirée et au final tout recommencera la semaine suivante … “Panem et circenses” comme disaient nos amis romains.

La question à se poser est : qu’est ce qui rend un rituel de groupe socialement acceptable ? La joie qui en découle pour le groupe, ou ses excès, ou son acceptation tacite jamais remise en question ?

Mais revenons au procès en intention qui cible la famille Jacquet :

On accuse un père (Olivier Jacquet) de faire preuve d’autorité dans l’éducation de ses enfants, rien de bien grave tant que cette autorité ne devient pas abusive et gratuitement violente … J’ai personnellement été plusieurs fois témoin des punitions infligées aux jumeaux ou à Isabelle, punitions toujours justifiées par les bêtises des premiers ou la bouderie de la dernière. Ils partaient alors au coin ou dans leur chambre, après tirage d’oreille et explication de leurs méfaits. J’ai moi même été éduqué comme ça et cette éducation – à l’ancienne – à fait de moi un bon citoyen, pas toujours exemplaire, mais respectueux de l’autorité et des limites à ne pas franchir. Aujourd’hui, le désengagement global de la société dans l’éducation des jeunes va nous conduire incessamment à une crise sociale que les plus vieux observeront en disant “on vous avait prévenus !”

A mon sens, Olivier et Claire Jacquet sont de bons parents, confrontés à des enfants au caractère prononcé, et qui doivent sans cesse leur montrer un chemin éducatif strict et aimant. Les deux sont compatibles.

En aucun cas il n’est décent pour la justice de priver des enfants de l’amour de leur père ou de leur mère, même si leur modèle éducatif ne correspond pas aux canons de l’époque actuelle, plus permissive et laxiste.

Il existe par ailleurs dans notre monde des cas de violences abusives répétées sur enfants, et je pense que la justice qui s’en préoccupe devrait la chercher dans les cercles pédophiles étonnamment protégés dans de nombreux pays, et pour des raisons qui échappent totalement à la morale et au bon sens.

Et pour conclure, voyons le “cas” André Jacquet.

C’est un chercheur de sens comme Il y en a des millions sur cette planète, un homme qui ne peut se contenter de vivre une vie passive dans l’obéissance aveugle aux codes et règles de vie imposés par le modèle du profit matérialiste actuel. Son but est spirituel. Il voulait devenir moine mais Il a rencontré Monique, son épouse, et Il a décidé de vivre sa vie spirituelle dans un cadre familial et socialement accepté, en devenant d’abord militaire, puis psychologue, et ensuite animateur de groupe pour aider d’autres chercheurs de sens dont je fais partie.

André Jacquet a toujours fait preuve d’une humanité bien supérieure à la moyenne, d’une dévotion, d’un amour et d’un désintéressement exemplaires pour tous ceux qui l’ont côtoyé. Cette exemplarité a toujours été assortie d’une exigence et d’une probité morale qui ont parfois créé des oppositions auprès de certains membres en difficultés psycho-affectives, en besoin de satisfaction de désirs incompatibles avec cette probité morale, ou tout simplement freinés par une motivation personnelle insuffisante pour suivre “l’entraînement” demandé. De même qu’un joueur désinvolte et paresseux ne peut pas rester dans une équipe sportive visant le sommet du championnat, un membre peu motivé ne restera pas longtemps dans un groupe qui aspire à une grande élévation spirituelle.

Et la société peut toujours tenter de codifier ou de contraindre notre rapport au spirituel, la quête de sens devient inévitablement une priorité incontournable pour ceux qui s’éveillent. Il est vain de prétendre limiter par la loi ou la contrainte le désir de connaissance et de découverte des grandes réalités de notre univers.

Au final, le seul pouvoir qui nous restera sera celui de la sagesse, de l’amour et de la compréhension que nous aurons les uns pour les autres.

Le matérialisme empirique actuel passera comme sont passés l’Inquisition ou le Communisme, et passera également cet avenir Orwellien désacralisé que nos représentants promeuvent sans le savoir, faute de courage de connaissances ou d’ambition spirituelle.

La justice doit s’attaquer en priorité aux grands fléaux de notre temps qui sont la corruption des élites, la dérégulation financière au profit des plus riches et la pédo-criminalité qui détruit dans un silence assourdissant des millions de vies d’enfants chaque année dans le monde.

Laissez les parents élever leurs enfants avec un juste dosage d’amour et de rigueur, laisser les chercheurs de sens trouver la voie d’une spiritualité moderne et ouverte, et recentrez les actions de justices sur les vrais criminels qui sont parfois protégés par une immunité liée à de hautes fonctions dans les cercles du pouvoir.

La justice doit être neutre, impartiale et au dessus de l’exécutif.

Liberté, Egalité, Fraternité …

Pour servir et valoir ce que de droit,

à Saint Médard en Jalles le 18 février 2018.

Thierry Calleau