Lettre ouverte de Monique Boutmy

Lettre ouverte à l’intelligence des cœurs

Nous voici engagés dans une lutte entre l’amour et l’absurdité.

De quel état d’esprit relève celui qui dit que l’enfant appartient à l’État et non aux parents ? Car dans ce qui se passe actuellement, nous voyons une mainmise de la « justice » sur l’éducation qui seule relève des parents.

Parlons un peu d’éducation.

J’ai eu la chance de faire la connaissance de la famille Jacquet à la fin des années 70. Nos enfants avaient le même âge et j’ai pu observer comment Philippe et Olivier étaient élevés à la fois dans la rigueur et le développement de leurs talents. Les quatre enfants ont vécu des expériences extraordinaires en toute liberté, expériences qui ont tellement éveillé leur curiosité qu’ils en arrivaient à faire des mathématiques par plaisir, à découvrir la construction mathématique des gammes musicales, à s’exercer dans l’astronomie, à être attentifs les uns pour les autres dans leurs recherches. Je me rappelle encore le jour où, à table, nous avons défini ensemble avec les quatre enfants le nom de la future association qu’André souhaitait créer pour mettre en œuvre son souci d’aider les amis et autres personnes à venir. Nous parlons de GIROLLE…

Entre les cours de catéchisme, le rôle de servant de messe avec le Père Tauzin le dimanche, ils ont construit un intérêt certain pour le fait religieux. En effet, nous sommes chrétiens et même chrétiens exigeants.

Voyez le résultat d’une telle éducation faite de rigueur et d’amour vrai, Philippe et Olivier font preuve d’une magnifique réussite sociale.

Pendant de trop longues années, je les ai perdus de vue. La providence a fait que depuis quelques années, je suis revenue auprès de cette famille et fait la connaissance des enfants d’Olivier. J’ai été très heureuse de retrouver la même ambiance d’éducation oscillant entre rigueur et amour. Liberté, éveil de la curiosité, réflexions par oral ou par écrit sur ses démarches, ses comportements… Bref un vrai travail d’éducateur ! J’ai toujours vu des enfants très vivants, très actifs et terriblement pétillants.

Parlons du rôle de l’école.

Il y a deux aspects à ne surtout pas oublier : l’instruction et l’éducation.

Le rôle de l’école est d’instruire, pas d’éduquer car cela revient aux parents. Dieu sait que les enseignants peuvent se plaindre que les parents ne s’occupent pas de leurs enfants.

D’enfant, il devient élève à l’école. Même individu, milieux différents, comportements différents. D’enfant qui connaît une certaine discipline, il trouve un milieu probablement beaucoup plus souple, beaucoup plus libertaire et inféodé au principe de l’ « enfant au cœur du système éducatif ». Aussi, va-t-il manifester un réel besoin d’encadrement fait de rigueur et d’amour. Ce qu’il ne risque peut-être pas de trouver à l’école.

Mais alors où sont les parents dans ce système éducatif ? Sont-ils là pour être convoqués quand leurs enfants sont indisciplinés ? Sont-ils là pour être accusés de sévérité ? Pour être privés de leurs droits de parents ?

Pour une première conclusion.

Le monde est tombé sur la tête et il ne faut pas s’étonner de la montée de la violence de la part de ceux que la société telle qu’elle devient ne satisfait plus dans leurs besoins vitaux d’amour et de rigueur, de reconnaissance et de respect.

Il est regrettable que soit prise la décision de priver des parents de leurs enfants, mais il est gravissime de détruire des enfants qui seront marqués à jamais par l’arbitraire de dictats judiciaires.

Monique Boutmy