Lettre ouverte de Michelle Denet

Je m’appelle Michelle DENET, j’ai 71 ans. J’ai travaillé à Bordeaux, puis à Paris à la création d’un Pôle d’accueil de Jeunes Migrants 16/25 ans dont j’avais la responsabilité. J’habite Salignac depuis 5 ans. Je suis mariée. Notre famille (recomposée depuis 42 ans) comprend cinq enfants ; nous avons assuré l’éducation de quatre garçons et participé à l’éducation de deux de nos petits-enfants. J’ai repris mes études à l’Université à 36 ans alors que trois de nos enfants étaient encore au lycée. Ayant besoin de conseils à la fin de mon parcours universitaire, je suis venue consulter l’associé d’André Jacquet, puis lui-même pour l’orientation de nos deux plus jeunes fils (qui approchent la cinquantaine aujourd’hui !) Nous sommes devenus membres de l’Association Girolle en 1987. Pour des raisons de mutation professionnelle à Paris, nous n’avons pu participer aux rencontres de groupe pendant 10 ans mais avons maintenu pendant cette période nos entretiens individuels et avons rejoint à nouveau le groupe en 2003 dès le début de notre retraite.

Nos petites filles ont participé pendant 5 ans au groupe des Jeunes de l’association et ont bénéficié d’un enseignement axé sur la spiritualité, la philosophie, la psychologie, les mathématiques, qui a développé chez elles une ouverture d’esprit, une capacité d’analyse et de raisonnement, un recul suffisant pour s’engager dans leur vie d’adulte. Nous nous réjouissons aujourd’hui car toutes les deux en tirent largement profit dans leur vie personnelle et professionnelle débutante pour l’une, et universitaire pour l’autre.

Comment ne pas être atterré par la violence qui s’exerce aujourd’hui contre Olivier Jacquet et sa famille, la nature des procédés utilisés et leur but : détruire une famille pour dénoncer un mouvement spirituel ! Est-ce là la vraie Justice ou sommes-nous devant un rouleau compresseur qui s’emballe ?

La situation exposée par Olivier Jacquet invite à se poser un certain nombre de questions.

Comment l’école peut-elle répondre à une demande insistante de signalement de la part de de la gendarmerie sans en parler au père qui vient chercher ses enfants quatre jours sur cinq ? Peut-elle se faire « référente » de l’éducation des enfants à la place des familles, peut-elle être juge de la sévérité ou non de l’éducation donnée par celle-ci. Il me semble me rappeler que, déjà, au cours des conseils de classe de nos enfants les plaintes des instituteurs et professeurs étaient axées sur le laxisme des familles et leur désintérêt pour inculquer les valeurs et le respect de la vie en groupe à leurs enfants.

Nous connaissons les enfants d’Olivier et de Claire : leur fille est une jeune fille posée, calme et très affectueuse qui a un talent certain pour le dessin ; les jumeaux sont des enfants gais, exubérants, provocateurs, bagarreurs, cherchant constamment à repousser les limites. Je le sais pour les avoir emmenés faire des promenades et avoir été obligée de les rappeler fermement à l’ordre sans arrêt.

Dans une fratrie les caractères sont parfois très différents et il nous est arrivé dans notre propre famille d’intervenir très fermement auprès des garçons pour les inciter à se dépasser tant dans le sport que dans les études ou lorsque les désirs de suivre les copains risquaient de les entrainer sur de mauvais chemins…

La juge reprocherait aussi à la famille Jacquet de vivre en communauté de type sectaire ? Nous-mêmes avons vécu en grande proximité pendant plusieurs années avec un de nos enfants (appartement en duplex) et participé à l’éducation de nos petits-enfants. La solidarité familiale est une ressource et une occasion formidable de partage lorsque les rythmes professionnels des parents sont incompatibles avec le rythme scolaire et les activités des enfants. Quelle famille aujourd’hui ne serait pas heureuse de bénéficier de cette proximité et de cette relation intergénérationnelle ?

Quel amalgame fait-on en mêlant les causes d’une rupture familiale avec une démarche spirituelle ? Sauf à trouver un prétexte pour faire entrer le loup dans la bergerie ? Sommes-nous un groupe spirituel minoritaire dérangeant ? Si oui, qui cela dérange-t-il ? Faisons-nous du prosélytisme ?

Dans notre groupe notre démarche spirituelle est depuis le début basée sur un Enseignement large qui s’appuie sur des connaissances et des hypothèses que notre intelligence s’exerce à vérifier et à concrétiser dans notre vie quotidienne. Le but est de vivre en vérité, en simplicité avec un sens de l’éthique. Notre démarche spirituelle s’accompagne de temps quotidiens de prières, de méditations et de chants.

La qualité de cet Enseignement, qui est exigeant, dépend étroitement de la Sagesse du responsable de notre groupe qui a consacré sa vie à aider chacun dans une entière liberté et toujours avec Bienveillance et Amour. Au fil des années dans la vie du groupe, des entrées, des départs, des retours ont eu lieu ; cependant le départ (toujours libre) de certains membres est accompagné souvent de critiques qui donnent bonne conscience à celui qui part, un peu comme lorsqu’on quitte une équipe en alléguant de multiples raisons subjectives et que l’on se plaint de l’entraineur !

Nous regrettons que jamais personne (élu ou non) n’ait frappé à la porte pour voir ou poser des questions à notre groupe. La rumeur court, la méfiance nait… Aujourd’hui, face à ce déni de justice, le silence s’installe, le regard se détourne, l’indifférence prend place, la solidarité citoyenne s’évapore… Une famille souffre, des êtres font la grève de la faim depuis 9 jours dans la passivité générale…

Mobilisons-nous pour que les pratiques judiciaires évoluent, qu’une véritable déontologie en milieu scolaire soit très clairement définie et appliquée, que les liens affectifs clairement exprimés par les enfants soient pris en compte et que l’importance du rôle du père dans l’éducation de l’enfant soit reconnue et encouragée !

Mobilisons-nous pour que les pratiques religieuses soient respectées, y compris celles pratiquées dans un groupe minoritaire et ne soient pas assimilées à des pratiques sectaires !