Lettre ouverte de Laurent Duverdier

Lettre ouverte aux représentants de la justice

Le 19/02/18,

Madame, Monsieur,

Je m’appelle Laurent DUVERDIER, j’ai 41 ans, je vis depuis 10 ans à la Réunion où j’exerce le métier de médecin généraliste, mon épouse Catherine est professeur des écoles et nous avons deux enfants, Jérôme, 8 ans et Thomas 5 ans. Je côtoie depuis mon enfance la famille JACQUET : André, Monique et leurs fils Philippe et Olivier. Ma mère, Annie LABROILLE est membre de l’association GIROLLE, fondée par André Jacquet, depuis de nombreuses  années. Ma sœur Claire et Olivier sont mariés depuis 2005 et ont trois enfants Isabelle 11 ans et Mickael et Gabriel, jumeaux de 9 ans. Malgré l’éloignement géographique, nous avons des contacts réguliers avec eux et nous les voyons deux ou trois semaines par an lorsque nous venons en vacances à Salignac, hébergés par ma mère qui est voisine de la famille JACQUET.

Je souhaite apporter mon témoignage face à cet emballement judiciaire qui me semble complètement disproportionné à l’encontre de la famille JACQUET et de l’association GIROLLE, et qui aboutit à ce qu’un père, Olivier JACQUET, soit privé arbitrairement du droit de garde de ses enfants, en ayant été mis à l’écart de toute la procédure, diffamé, accusé de maltraitance envers ses enfants et à demi-mot d’appartenance à un mouvement sectaire, sans possibilité de se défendre à aucun moment… Comment est-ce possible ? Où sont la présomption d’innocence, le respect de la liberté de conscience, de croyance, de religion, dans notre pays qui se veut si respectueux des droits de l’homme ? Existait-il un péril imminent pour ces enfants qui justifiait de sursoir aux droits fondamentaux du père pour les mettre à l’abri au plus vite ? C’est visiblement ce qu’a estimé la Juge sur la base d’un rapport de gendarmerie à charge contre Olivier, avec probablement derrière une procédure en pénal en attente à l’encontre d’André JACQUET et de l’association GIROLLE.

Mais dans la réalité, qu’en est-il ? Quels dangers peuvent bien encourir ces enfants ?

  • La violence physique ?  Ils ont des parents aimants, impliqués dans leur éducation morale, religieuse, soucieux de leur épanouissement. Olivier assume légitimement une autorité paternelle bienveillante envers eux. On reproche à Olivier de « corriger ses enfants » mais il n’y a aucune malveillance, aucune maltraitance là-dedans. J’ai effectivement été le témoin des punitions suivantes à l’encontre principalement de Mickael et Gabriel, qui ont des caractères assez difficiles, turbulents, parfois en rivalité, parfois complices dans les bêtises : réprimande avec cheveux ou oreille tirés brièvement, puni au coin, puni dans la chambre. Ces punitions intervenaient en dernier recours, après avertissements, explications, etc, quand l’enfant continuait à désobéir et à aller vers la confrontation. J’avoue avoir moi-même utilisé parfois ce genre de punitions avec mes enfants, sans me sentir pour autant un criminel. Il ne faut pas retenir simplement cet aspect-là et le grossir pour en faire une généralité, c’est anecdotique en comparaison avec les manifestations d’amour paternel et les instants de bonheur dont j’ai été le témoin au sein de cette famille.
  • La violence psychique ? La manipulation mentale ? La juge citait comme exemple les « planches » que devaient faire parfois les enfants. Il s’agit simplement d’une réflexion écrite demandée à l’enfant pour l’inciter à réfléchir sur son attitude, généralement en lien avec une bêtise ou un mauvais comportement de la vie quotidienne. Je ne vois pas en quoi une incitation à réfléchir par soi-même, sans conclusion imposée pourrais relever de la manipulation mentale.
  • L’appartenance à une communauté religieuse fermée et contraignante (pour ne pas dire secte) ? Il y a une association à visée spirituelle, GIROLLE, fondée par André JACQUET, dont l’activité est parfaitement transparente depuis sa création, avec un site internet www.girolle.org qui décrit bien son but et son activité. Je n’ai aucun doute sur l’intégrité morale, la probité, la bienveillance d’André Jacquet. Il n’y aucun enrichissement personnel, ce serait contraire à ses valeurs non matérialistes et tous les bilans comptables annuels en ligne sur le site internet sont là pour le prouver. Ce n’est pas un milieu fermé, ils prient, méditent quotidiennement, participent à des activités de groupe tout en travaillant et en étant intégrés dans la société. Les valeurs morales véhiculées par cette association n’incitent en aucun cas à se couper de la société ou à avoir des activités illégales ou troublant l’ordre public, bien au contraire, c’est une incitation à la vertu.

C’est un travail difficile mais librement accepté par ses membres. Les membres peuvent en partir librement, y revenir après une pause, il n’y a pas d’emprise psychologique de la part d’André. Il n’y a pas d’incitation non plus à rallier ce groupe. Ma mère en est membre, ma sœur Claire l’était, et je n’ai jamais ressenti  de pression pour le rallier. Côtoyer les membres de ce groupe, sans l’intégrer toutefois, m’a permis de m’ouvrir à la spiritualité, de m’intéresser à des ouvrages ésotériques  et religieux, et n’a eu que des impacts bénéfiques sur ma vie. J’ai pu à quelques reprises aller méditer avec les membres du groupe, participer aux louanges à la chapelle le soir, tout cela à ma demande et sans contrainte. D’autres personnes extérieures au groupe ont pu le faire à d’autres occasions, ce n’est donc pas un milieu hermétique.

Je suggère d’ailleurs aux gendarmes qui semblent mener une enquête « de loin » depuis 5 ans de se déplacer pour voir la réalité des faits et parler aux personnes incriminées. Le fantasme sectaire qu’ils ont échafaudé sur la base de je ne sais quels témoignages mal intentionnés ou rumeurs en prendrait un sacré coup s’ils daignaient examiner les faits, et recueillir d’autres témoignages. Pour une personne qui est partie du groupe en gardant des griefs à l’encontre d’André, il y en a sans doute une dizaine qui pourraient témoigner en sa faveur.

La juge pourrait utiliser l’argument que contrairement aux membres de l’association GIROLLE, les enfants n’ont pas choisi d’appartenir à une « communauté religieuse ». Il ne faut pas faire d’amalgame, les enfants ne sont pas membres de l’association et ne participent donc pas à leurs activités, à l’exception des louanges le soir à la chapelle et avec parfois des aménagements horaires. En quoi cela consiste, on pourrait dire pour simplifier un instant de prière sous forme de karaoké chrétien ! André projette avec le vidéoprojecteur les paroles de chants et prières chrétiennes que l’on pourrait entendre dans n’importe quelle église, et tout le monde chante à tue-tête dans une joie communicative ! Rien de bien traumatisant en somme… Les enfants sont élevés dans la foi chrétienne, ils suivent le catéchisme dans la paroisse du secteur, en étant ouverts par leur parents à un enseignement ésotérique plus large. Les parents sont libres de transmettre un enseignement religieux à leurs enfants, il n’y a rien de répréhensible en cela. Certes on pourrait dire que n’importe quels parents imposent aux enfants leurs religions, leur athéisme, leurs valeurs, leurs centres d’intérêt mais l’enfant a toujours la liberté d’accepter ou rejeter cet enseignement par la suite. On ne va pas reprocher à des parents d’emmener leurs enfants à l’église, à la synagogue, à la mosquée ou de leur transmettre leur passion pour le sport par exemple, c’est socialement bien accepté. Pourquoi sous prétexte que des parents adhèrent à une forme de spiritualité qui peut sembler atypique, minoritaire, faudrait-il forcément les taxer de secte et leur prêter les pires intentions, sans examiner la situation avec objectivité ?

Par ailleurs, l’enseignement religieux des enfants n’occupe pas tout leur temps libre, loin de là, ils ont du temps pour jouer. C’est un bonheur quand nous venons en été de les voir jouer dans le grand jardin avec mes enfants (vélo, ballon, attrapage d’insectes et petites bêtes en tout genre qu’ils nous ramènent ensuite fièrement). Ils partagent avec mes fils le gout pour les Légo et se lancent dans d’ingénieuses constructions. Ma mère, Annie qui habite à côté s’est improvisée experte en loisirs créatifs en tout genre, Origami, collages, peinture, décopatch, ou encore lors de nos dernières vacances avec eux atelier fabrication de Slime. Ils ont des loisirs à l’extérieur (Aikido, cours de natation), participent à des fêtes d’anniversaires de leurs camarades. Ce sont des enfants comme les autres, pleins d’entrain et de joie de vivre

Pourquoi un tel emballement ? Au départ  il y a une situation assez banale dans notre pays, un couple qui se sépare. Ma sœur Claire, pour des raisons qui lui sont propres et que je n’expliciterai pas à sa place a pris la difficile décision de partir le 14 janvier 2018. Malgré leurs divergences, Claire et Olivier ont essayé de s’entendre pour le bien-être des enfants, Claire ayant bien conscience qu’ils avaient besoin de leur père, et que Mickael et Gabriel notamment avaient besoin d’une autorité paternelle affirmée pour les cadrer. Ça  aurait pu s’arrêter là mais non.

Comme dans n’importe quel couple qui divorce, cela engendre de la souffrance pour les enfants et ils l’ont exprimé à des camarades d’école, qui en ont parlé à leur parents et leurs propos sont remontés, amplifiés, déformés jusqu’à la directrice d’école qui a convoqué Claire. Ma sœur a bien expliqué à la directrice la situation difficile de séparation et après cet entretien, elle n’aurait jamais pensé que la directrice ferait une procédure de signalement, elle l’a ressenti comme une trahison de sa part. Cette directrice lui aurait dit ensuite qu’elle avait été incitée par sa hiérarchie et par la gendarmerie à faire ce signalement. Par la suite, Claire et les enfants ont été interrogés par les gendarmes, en tant que victimes présumées d’une secte, sans leur dire ouvertement, dans une enquête déjà bien orientée à charge contre Olivier et la famille Jacquet. Dans ce contexte difficile de fragilité émotionnelle, sans le conseil d’un avocat, Claire et les enfants ont dû pendant de longues heures répondre à des questions et ont, sans relire attentivement, signé les dépositions rédigées par les gendarmes sur la base de leurs témoignages. Quelle valeur accorder à ces dépositions, ma sœur et les enfants ne reconnaissent même pas certains propos qui leurs sont prêtés ! Et si les enfants veulent les rectifier, on leur dit que c’est leur père qui les influence ! A l’inverse, des propos que ma sœur aurait pu tenir pour nuancer la situation, à décharge pour Olivier, n’auraient pas été mentionnés dans le rapport.

Claire et Olivier sont dévastés par cette décision de justice. Olivier se sent bafoué dans ses droits les plus élémentaires, présumé coupable, sans possibilité de défense, privé de la garde de ses enfants pendant au moins 6 mois, avec seulement une visite accordée dans un lieu surveillé tous les 15 jours. Claire s’est sentie instrumentalisée par la gendarmerie contre son mari, profitant de sa fragilité émotionnelle. La situation de séparation était déjà suffisamment culpabilisante pour elle, sans devoir ajouter l’impression d’avoir trahi contre son gré son mari, sa mère, et tout le groupe auquel elle appartenait ! Quelle pression terrible est sur ses épaules maintenant. Elle sait pertinemment que Girolle n’est pas une secte, qu’Olivier est calomnié mais peut-elle les défendre maintenant, avec la crainte légitime qu’on puisse dans ce cas lui enlever aussi la garde des enfants et les placer en foyer ou en famille d’accueil. Les enfants sont révoltés par la situation, ils se sont senti complètement incompris par la juge. Comment Claire va-t-elle pouvoir élever seule ses enfants dans ce contexte ? Après l’avoir privée du soutien d’Olivier, la justice va-t-elle lui reprocher maintenant de ne pas arriver à assumer l’autorité nécessaire face à ses enfants et lui retirer la garde des enfants si elle finit par craquer psychologiquement dans une telle situation de tiraillement ?

Que faire ? Le rouleau compresseur judiciaire est en marche, implacable, combien de temps va-t-il falloir attendre pour qu’il se rende compte qu’il faisait fausse-route ?  Quels dégâts irrémédiables auront été faits entre temps ? Face à cette injustice, je comprends cette grève de la faim qui a été entamée depuis le 16 février par Olivier Jacquet, André Jacquet et par ma mère Annie Labroille. Evidemment je regrette qu’ils en viennent à une telle extrémité pour défendre leurs convictions, je m’inquiète pour leur santé mais je les soutiens de tout mon cœur. J’espère que Claire, ma sœur que j’aime, gardera le courage et la foi dans ces épreuves pour que la vérité triomphe.

J’incite toutes les personnes qui ont pu côtoyer Olivier, Claire, la famille Jacquet, ma mère Annie à apporter leur témoignage et leur soutien.

J’autorise également ces personnes à utiliser cette lettre pour défendre leurs intérêts devant la justice et me tient à disposition de la gendarmerie pour y être entendu si nécessaire (je précise que je vis à la Réunion, mais il doit y avoir moyen de faire une déposition dans un poste de gendarmerie local je suppose).

Laurent DUVERDIER.