Lettre ouverte de Jean-Daniel Harribey

Je suis Jean Daniel HARRIBEY, j’ai 65 ans, habite SALIGNAC et fais partie de l’association GIROLLE depuis 1992.

Depuis plus de 25 ans je côtoie la famille JACQUET et j’ai très vite apprécié leur ouverture d’esprit, leurs connaissances, que ce soit en matière scientifique, psychologique, philosophique ou spirituelle, et l’amour qu’ils portent aux autres dont j’ai pu bénéficier dans des circonstances éprouvantes de ma vie.

Combien de fois me suis-je dit que si j’avais eu la chance de les connaître plus tôt, notamment Jean André, en voyant leur façon de vivre, d’être, de penser et de se comporter au quotidien dans la société, j’aurais sans nul doute éduqué ma fille d’une bien meilleure manière, avec beaucoup plus de présence, de psychologie, de patience et d’amour.

Olivier JACQUET, suite à la décision de justice d’une juge, vient de perdre la garde de ses enfants. Le récit chronologique et détaillé des évènements qu’Olivier décrit dans sa lettre et la sanction de justice qui s’en est suivie m’interroge. Un jugement ne peut-il être rendu qu’avec des dépositions à charge ? Est-ce bien de justice dont il s’agit ? Je croyais, jusqu’à ce jour, que lorsqu’il y avait une décision de justice la personne incriminée avait contre elle une déposition à charge mais qu’en contrepartie il y avait une déposition à décharge pour qu’il y ait un équilibre dans le jugement. Le symbole de la justice n’est-il pas une balance sur laquelle on pose sur un plateau tout ce qui est à charge et sur l’autre plateau tout ce qui est à décharge ? Je ne vois pas comment l’on peut « peser » un jugement avec un seul plateau sur lequel l’on ne dépose uniquement ce qui est à charge, à moins que les dés soient pipés dès le départ, mais dans ce cas le symbole de la justice ne devrait plus être une balance mais un gibet.

Je comprends très bien que lorsqu’il s’agit de maltraitance d’enfants il ne faille pas aviser le parent incriminé afin qu’il ne se doute de rien et qu’il n’enlève pas les enfants en commettant, dans le pire des cas, l’irréparable, mais n’y a-t-il pas un moyen d’interroger des gens connaissant bien le parent en question, susceptibles d’apporter un témoignage se rapprochant beaucoup plus de la vérité ?

Suffirait-il d’un être, mal intentionné pour diverses raisons, faisant une déposition au sein de certains organismes, défendant les droits des enfants ou des citoyens contre les dérives sectaires, pour que la justice s’emballe à ce point, induisant chez les enfants des perturbations psychologiques irrémédiables ? Se soucie-t-on vraiment des enfants ? Sous prétexte de les protéger ne leur est-il pas fait plus de mal que de bien ?

La justice de notre pays est-elle à ce point imparfaite ?

De quoi accuse-t-on Olivier JACQUET ? De trop de sévérité envers ses enfants ?

Pour avoir été plusieurs fois témoin du comportement de ses deux fils, jumeaux, qui testent en permanence les limites, je n’ai jamais trouvé qu’Olivier faisait preuve de trop de sévérité, j’ai toujours observé qu’il oscillait entre rigueur et miséricorde avec toujours beaucoup d’amour envers ses enfants et que ceux-ci adorent leur père car il leur donne également beaucoup d’affection. Maintes fois, en voyant le comportement des jumeaux, j’ai pensé qu’il ne doit pas y avoir beaucoup de parents capables de gérer de façon optimale, comme le fait Olivier, l’éducation de tels enfants – je parle des jumeaux et non pas de sa fille ainée qui est docile, gaie, ouverte aux autres. En effet les jumeaux débordent d’énergie, ils m’ont très vite fait penser à Speedy Gonzales des dessins animés que l’on voyait dans les années 1960 ou bien à Bip Bip dans Bip Bip et le Coyote ; ils ont la curiosité de vouloir tout découvrir. Par exemple, ils ont pu chambouler en deux minutes un garage dans lequel est rangé mon outillage de bricoleur, courir après notre chat dans la maison, ce dernier affolé étant allé se « fracasser » contre le meuble de la cuisine après une belle glissade sur le carrelage, remonter sur les tuiles d’un toit quand j’avais le dos tourné, quelques secondes après leur avoir dit de ne plus y monter pour ne pas casser les tuiles et surtout de ne pas tomber. Cela pour dire que lorsqu’ils sont ensemble ils sont difficilement gérables, le fait d’élever la voix étant rarement concluant. Ils sont aussi généreux et sont souvent prêts à aider les adultes. J’ai été surpris de voir à quel point ils pouvaient accomplir certaines tâches physiques en jumelant leurs forces, comme par exemple déplacer de grosses buches, ce qu’un adulte seul avait du mal à faire, ou ratisser en y mettant beaucoup d’énergie.

Dans ce jugement, qui condamne Olivier JACQUET pour l’éducation de ses enfants, je me pose la question suivante :

Combien de parents parmi les enquêteurs, juges et politiques qui votent nos lois sont-ils capables de donner une éducation aussi riche en ouverture d’esprit, en connaissances scientifiques, en présence, en amour que le fait Olivier envers ses enfants ? J’ose espérer qu’aucun d’entre eux n’a jamais tiré les cheveux et encore moins les oreilles de ses enfants et qu’ils ne se le permettront jamais sous peine de retrait d’autorité parentale. Lorsqu’on sanctionne en appliquant un règlement ou des lois il me parait évident que l’on doive s’appliquer une éthique déontologique.

De quoi accuse-t-on Olivier JACQUET ? De vivre dans une communauté ? – ce terme revenant, étonnamment, souvent dans l’accusation.

Communauté parce que la famille JACQUET, 3 générations, prend ses repas autour de la même table mais vivent dans 3 maisons différentes. Mais dans ce cas présent, s’agit-il de communauté ou bien de cohabitation intergénérationnelle ? Il me semble que l’on donne une connotation négative à ce terme de communauté en France alors que l’on devrait au contraire revenir à des valeurs familiales où les anciens peuvent apporter à leurs enfants, petits-enfants, arrières petits-enfants une sagesse acquise au cours de leurs vies. J’ai connu dans mon enfance cette expérience où il y avait autour de la table tous les jours 4 générations dont 3 vivaient sous le même toit et je peux dire que c’est riche d’enseignements. Il y avait autour de cette table mon grand-père paternel qui avait fait la guerre de 1914-1918 et avait été décoré de la Légion d’Honneur suite à sa bravoure, son courage et ses actes héroïques au champ de batailles durant cette guerre. Ne pensez-vous pas que les réponses aux nombreuses questions de l’enfant curieux que j’étais, ne soient pas riches d’enseignements ? Ne pensez-vous pas que son exemple de courage, prêt à donner sa vie, pour défendre une cause juste et son pays envahi par l’agresseur ne soit pas un exemple à suivre pour un enfant ?

Donc actuellement 3 générations autour de la même table n’est plus la norme et devient suspicieux, la norme serait qu’il n’y ait que 2 générations autour de la même table. Alors, en poussant le bouchon un peu plus loin, dans deux ou trois décennies il n’y aura plus qu’une seule génération autour de la même table, le père et la mère, car les enfants auront été enlevés dès la naissance aux parents afin qu’ils soient éduqués dans des centres spécialisés, parce que bien évidemment les parents ne seront plus aptes à l’éducation de leurs propres enfants suivant les normes en vigueur du moment.

De quelle société voulons-nous si nous enlevons la garde des enfants au père ? Une société de l’enfant roi qui n’est plus cadré et pour lequel tout est permis, sans rePÈRE, uniquement avec des « reMÈRE » puisque dans la grande majorité des cas ce sont les mères qui ont la garde des enfants lorsque les parents se séparent. Mais avec tout le respect que j’ai pour les mères, bien souvent elles n’ont pas la rigueur que peut avoir un père, elles sont plutôt enclines à la miséricorde, la nature nous a fait ainsi. Bien évidemment il serait beaucoup mieux que les parents ne se séparent pas afin de donner la meilleure éducation possible aux enfants, plus équilibrée avec les valeurs inhérentes à l’homme et à la femme, mais les parents actuels n’ont-ils pas été éduqués eux aussi comme des enfants rois et fatalement au bout de quelques années de vie commune ils ne se supportent plus. Ont-ils été habitués à l’effort, au dépassement de soi ? N’ont-ils pas été formatés pour être des consommateurs égoïstes ? De plus la société est tellement puissante que les parents ont beaucoup de difficultés à inculquer et faire appliquer les plus belles valeurs à leurs enfants.

Notre société est-elle en évolution ou en involution ? Sur le plan technologique elle avance à pas de géant, mais qu’en est-il sur le plan humain en ce qui concerne l’Amour, l’Altruisme, la Fraternité ? Ne sommes-nous pas centrés égoïstement sur l’avoir et non pas sur l’être ?

De quoi accuse-t-on Olivier JACQUET ? De donner une éducation religieuse trop contraignante pour ses enfants dans un cadre nommé, à tort une nouvelle fois, de communauté, comme si ce terme accusait déjà l’association GIROLLE, l’amalgame entre communauté et secte étant sous-jacent dans l’inconscient de beaucoup de gens et peut-être même instillé volontairement par certains de nos dirigeants politiques depuis plusieurs années.

Éducation religieuse trop contraignante ? Parce que les enfants suivent les cours de catéchisme, vont à la messe le dimanche, sont enfants de chœur, prient avec les adultes (une fois 10 minutes par jour à 19h00 ou deux fois 10 minutes par jour pendant les vacances scolaires à 12h00 et à 19h00) ? Prières consistant à lire des livres, adaptés à leur âge, sur les grandes religions ou sur les grands êtres ayant existés dans l’histoire de notre planète (Pythagore, Platon, Bouddha, Jésus, Gandhi, Mère Térésa…). Cette éducation religieuse, soi-disant trop contraignante, n’est-elle pas une ouverture d’esprit, un éveil à la curiosité et au développement de leur intelligence ?

Une éducation religieuse donnée à nos enfants serait-elle donc un problème à notre époque ?

Les enfants recevant chez eux une éducation religieuse seraient-ils montrés du doigt devant leurs petits camarades ?

Quel est le pourcentage d’enseignants athées, à l’école publique, qui instruisent nos enfants ? Ne sèmeraient-ils pas insidieusement dans l’esprit de nos enfants, consciemment ou inconsciemment, des graines d’athéisme ?

Seuls les athées détiendraient-ils la Vérité ? Seraient-ils les seuls bienpensants ?

Notre pays laïque depuis plus d’un siècle, se targuant d’être le porte étendard des droits de l’homme, est-il vraiment laïque et respecte-t-il vraiment les droits de l’homme ? Ne glisse-t-il pas de la laïcité vers l’athéisme ? Quelles en seront les conséquences ?

LAICITE : sur le site GOUVERNEMENT.fr

La laïcité repose sur trois principes et valeurs : la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions.

La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions. Elle assure aussi bien le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir.

Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : personne ne peut être contraint au respect de dogmes ou prescriptions religieuses.

La laïcité suppose la séparation de l’Etat et des organisations religieuses. L’ordre politique est fondé sur la seule souveraineté du peuple des citoyens, et l’Etat — qui ne reconnaît et ne salarie aucun culte— ne régit pas le fonctionnement interne des organisations religieuses.

De cette séparation se déduit la neutralité de l’Etat, des collectivités territoriales et des services publics, non de ses usagers. La République laïque assure ainsi l’égalité des citoyens face à l’administration et au service public, quelles que soient leurs convictions ou croyances.

La laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public.