Demande de droit de réponse au journal Sud-Ouest

Grenoble le 23 mai 2018

Monsieur le Directeur,

Au nom et pour le compte de l’association GIROLLE, dont le siège est 9 chemin du Fuzerat, Salignac, 33240 VAL DE VIRVEE, représentée par son président en exercice, Monsieur Claude LABROILLE, et en application de l’art. 13 de la Loi du 29 juillet 1881, et de ses décrets d’application, suite à un article que vous avez publié le 26 février 2018, intitule : « Haute-Gironde : ils contestent par le jeûne contre le placement de leurs trois enfants », l’association GIROLLE étant mise en cause dans cet article, je vous remercie de bien vouloir publier dans le prochain numéro de votre journal, le communiqué ci-joint, au titre du droit de réponse.

Je vous prie de croire à l’expression de mes meilleurs sentiments.

Jean-Pierre JOSEPH (Avocat)

COMMUNIQUÉ

Dans un article publié le 26 février 2018 intitulé : « Haute-Gironde : ils contestent par le jeûne contre le placement de leurs trois enfants », lorsque vous indiquez que le fonctionnement du groupe Girolle « pose une question depuis une vingtaine d’années aux services de renseignements et aux associations de lutte contre les dérives sectaires », il est évident que s’il existait des éléments répréhensibles, tous ces gens qui semblent les surveiller depuis 20 ans, s’en seraient aperçus et n’auraient pas manqué de le faire savoir.

D’autre part, lorsque vous reproduisez les paroles de Me PICOTIN, déclarant qu’il y a « des pratiques rituelles, philosophiques et communautaires qui laissent penser qu’il y a une problématique » cette déclaration contient en elle-même le vide et l’absence d’éléments faisant qu’au lieu d’invoquer des faits réels et établis, l’on se contente de penser…

Il est vrai que leurs pratiques philosophiques les éloignent des fast foods, des hypermarchés, de la nourriture industrielle, et d’un certain enseignement scolaire nivelé par la base, et qu’il est possible que les interrogations des bien­pensants concernant l’association, n’aient pour objectif que de freiner cet éloignement.

Lettre ouverte de Irène Laurière

Je m’appelle Irène Laurière, j’ai 54 ans, je suis kinésithérapeute à Salignac.

Je connais André Jacquet et sa famille depuis février 2002 et ai choisi d’être membre du groupe GIROLLE une douzaine d’années jusqu’en septembre 2017.

J’ai sollicité l’aide d’André en 2002, je vivais une relation difficile avec un de mes fils et j’étais attirée par un questionnement spirituel. Il m’a été d’une aide et d’une patience au-delà de ce que je pouvais imaginer.

D’autres lettres de soutien expriment les dons et bontés dont nous avons bénéficiés.

La recherche spirituelle à travers le questionnement essentiel de l’existence se poursuit, je me suis écartée du groupe GIROLLE qui a été pour moi un merveilleux terreau pour vivre ma Foi dans une relation à Dieu dans la voie Catholique.

Si Madame la juge le souhaite, je suis à la disposition de la justice pour apporter mon témoignage.

J’écris cette lettre de soutien :

 – Car accuser de secte, un groupe spirituel et/ou religieux qui met l’Amour, la Foi en lumière, est une attaque contre Dieu.

Si GIROLLE était une secte, y aurait-il autant de témoignages élogieux d’anciens membres ?

Pour nous, anciens membres ou sympathisants de longues dates, n’est-ce pas nous affubler d’une incapacité de discernement, nous faire penser que nous aurions été de « pauvres victimes » d’une secte ? (comme pour les membres actuels d’ailleurs !)

J’ai consacré plusieurs années de réflexion avant de m’engager dans le groupe et en suis partie sans être retenue après m’être entretenue avec André.

À aucun moment je n’ai été influencée par André Jacquet pour y entrer ou en sortir.

Si ce groupe était une secte, cela aurait été en toute logique le contraire.

À l’image d’autres groupes spirituels, vivre pour Dieu, consacrer sa vie à Dieu signifie pour tous les adeptes et religieux du monde, de Lui proposer sa vie en offrande (l’actualité récente a mis en valeur en France le « sacrifice » de Arnaud Beltrame par exemple).

Cela revêt moultes aspects visibles ou invisibles pleinement connus de Dieu. Cela suppose reconnaître l’existence d’une âme et d’une vie après la vie terrestre… Une personne pour laquelle ce questionnement n’est pas vital, qui n’a pas une pratique profonde et intériorisée de la Foi, qui n’a pas recherché l’Amour de Dieu, peut-elle comprendre cette joie très particulière, les efforts qu’un groupe décide de soutenir ensemble pour devenir à l’image de Dieu ?

Alors qui peut nous « juger » dans notre société actuelle ? Qui peut se désigner comme « juge » pour déterminer si telle ou telle pratique d’un cheminement vers Dieu d’un groupe ou d’une orientation éducative est à condamner ? Cette question s’articule avec la dernière raison de cette lettre.

– Parce qu’il est intolérable d’être, en France en 2018, condamné sans être entendu alors qu’aucune vie n’est en danger.

Je ne savais pas que cela était possible. C’est très inquiétant. Comment ne pas penser que l’auteur de telle décision n’a pas de préjugés et abuse de son pouvoir ?

Or l’institution qui l’emploie a le devoir de protéger tout citoyen de ce type de pratique avant tout jugement. Nous sommes otages de telles décisions alors que nos contributions participent à la rémunération de l’institution judiciaire…

Comment encourager nos enfants à respecter les lois, les institutions ? Quels arguments allons-nous soutenir face à leurs intelligences ? Cela est un contre argument au respect de la Loi, par conséquent renforce l’idée d’anarchie reine de libertés individuelles…

– Pour lutter contre l’ingérence dans l’éducation de nos enfants au sein de nos familles.

Parce que c’est la loi.

Une famille va être une référence pour les enfants.

Un tuteur peut être contraignant pour un jeune plant qui est balloté par des vents violents et contraires à son enracinement solide.

Quelles connaissances projectives de toutes les interactions des sciences humaines faudrait-il pour se permettre de juger si telle famille sera finalement bonne ou néfaste ?

Les conséquences sur toute l’existence des enfants et de la famille sont immesurables pour bien des acteurs de telles décisions.

Aussi, qu’il est difficile de ne pas s’insurger contre le manque de prudence, qui condamne père, mère, enfants et grands-parents, éclatant ainsi le noyau d’une cellule familiale, condamnant par la même l’amour de l’autorité protectrice d’un père…

En poussant la réflexion, peut-être un jour viendra où il sera décidé d’interdire tel ou tel couple d’avoir des enfants de par leur orientation religieuse ou spirituelle considérée comme dangereuse ?

Pour le présent, les enfants en souffrent, mais c’est pour leur bien « à venir » n’est-ce pas ?

Peut-être aurait-il mieux valu que ces enfants ne viennent pas au monde puisqu’ils sont à ce point en danger dans leur propre famille ?

Récit des ennuis de Léa Calleau à cause du soutien qu’elle a apporté

En février 2018, quand j’ai appris que André Jacquet, Olivier Jacquet et Annie Labroille avaient commencé une grève de la faim, j’ai voulu leur apporter mon soutien. Avec la volonté d’aider et de porter nos réflexions, j’ai signé la pétition en ligne le lundi 19 février, avec nom, prénom et profession. J’ai également envoyé un mail à mes collègues de formation (40 professeurs des écoles stagiaires). Voici ce mail :

« Bonjour à tous,

Je sollicite votre attention car je suis témoin actuellement d’une grave situation d’injustice. Elle concerne les personnes qui me sont les plus proches : une famille que je connais depuis mon enfance et un groupe auquel j’appartiens. Vous trouverez en pièce jointe un texte interpellant les citoyens avec le lien d’un site internet qui compile toutes les informations sur cette situation.

C’est en tant que professeur des écoles que je m’adresse à vous toutes car c’est la décision d’enseignants qui a déclenché une cascade d’évènements. C’est même en tant que professeur des écoles travaillant dans un établissement d’enseignement catholique que je souhaite partager avec vous ces réflexions sur la liberté de conscience et la liberté de culte.

Amitiés,

Léa »

Je reçois une seule réponse le lendemain :

« Bonsoir Léa,

Je me permets de répondre à ton message, ton appel à te soutenir qui me gêne !

Dans le cadre de notre métier, nous devons être « laïque » dans notre classe, et plus largement vis à vis de la communauté entière de l’école et je trouve que ta démarche ne l’ai pas vraiment.

Même si tu penses bien faire, par notre statut, ne nous pouvons (je parle pour les PE en général, je ne parle pas pour les filles de la promo hein !) accéder à ta demande puisque ce serait prendre parti, prendre parti pour cette famille (à la limite pourquoi pas) et pour la légitimité de ton « association » qui prône un certain culte/ religion. Or ce ne doit pas être le cas, nous ne pouvons (toujours les PE en général) avec et par notre statut, défendre des idées comme celles ci. Ou alors nous perdons notre place d’enseignant, pour non respect de la laïcité.

Je comprends ton envie de te battre, peut être est elle légitime, mais ne le fais pas en tant que professeur des écoles, pour ton bien et ton diplôme.

Je mets tout le monde en copie, non pour créer un scandale (comme je sais si bien faire? ), mais pour nous rappeler à chacune notre place dans l’école de la Laïcité !

C’est pas une question sur le fond mais sur la forme.

Bonne soirée à toutes ? »

Cette réponse ne reflète pas, il me semble, une réelle compréhension de mon message et de la notion de laïcité. Je renvoie à tout le monde le mail suivant :

« Je te renvoie à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La laïcité tronquerait-elle les articles suivants ?

Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Je ne reçois pas de réponse en retour et c’est le silence jusqu’à la rentrée. Toujours dans l’initiative de prendre position pour défendre le groupe, j’écris une lettre ouverte le 25 février, qui est publiée sur le site (voir Lettre ouverte de Léa Calleau).

Le jour de la rentrée, le 1er mars, la première collègue que je croise, appelons-la K., m’adresse la parole comme si de rien n’était. Je lui dis que je ne vais pas bien parce qu’elles ont été indifférentes à mon mail. Elle me répond alors qu’elle n’a pas manifesté son soutien parce que c’est pour elle une forme d’extrémisme et qu’elle ne va pas aller à l’encontre de ses idées juste pour moi. Je luis dis que je n’attendais pas forcément un soutien, mais au moins une réponse et finis par conclure « C’est toi qui juges. »

Une seule de mes collègues va m’exprimer son soutien. Elle me rapporte les différentes impressions échangées avec les autres : elles ne comprennent pas pourquoi je leur ai envoyé ce mail, cela les inquiète, ma lettre les questionne, elles se demandent pourquoi j’ai voulu devenir enseignante : serait-ce pour infiltrer l’Éducation Nationale afin de convertir des enfants ? Le mot « secte » ressort à plusieurs reprises. J’ai l’impression de devenir une personne dangereuse à leurs yeux.

Le lendemain midi, je propose à mes collègues de discuter. Je leur explique pourquoi je leur ai envoyé le mail :

  • Pour chercher des soutiens.
  • Pour les interpeller par rapport à notre manière d’entrer en relation avec les familles. Il y a un préjugé négatif sur les familles de la part des enseignants.
  • Pour discuter de la procédure de signalement, lors d’un cours de posture réflexive par exemple.

Elles ne pouvaient pas répondre favorablement à mon mail :

  • Parce que le site girolle.net n’était pas suffisamment explicite et elles n’ont pas compris quels étaient les évènements.
  • Parce que le site est associé à l’association GIROLLE et donc si elles signaient la pétition, elles signifiaient leur accord avec les principes de l’association.
  • Le terme de « secte » leur fait peur, même si on l’utilise justement pour le contester.
  • Elles ne sont pas en accord avec les principes de GIROLLE. Celle qui a répondu à mon mail témoigne de son appartenance à la religion chrétienne catholique. Elle n’adhère pas à nos idées, qu’elle simplifie comme tel « Jésus était Bouddha ».
  • Elles ne peuvent pas savoir si ce que dit Olivier Jacquet est vrai donc elles ne peuvent pas prendre position.
  • Elles auraient besoin de lire l’ordonnance pour avoir un point de vue objectif.
  • S’il est innocent, la justice l’innocentera.
  • Il est normal que la garde des enfants soit retirée en cas de suspicion de maltraitance.
  • Elles ne peuvent pas prendre position parce qu’en tant qu’enseignants, nous sommes soumis au devoir de réserve.

Réserve par rapport à quoi ? La réponse me semble floue.

K. me demande quelle serait mon attitude si j’avais des enfants musulmans dans ma classe. Est-ce que je les stigmatiserais ? Je ne critiquerais pas leur religion, au contraire, je les inciterais à l’étudier et à approfondir leur foi musulmane. Elle n’a pas dû lire la lettre de la famille Alahmad. Cela confirme mon impression qu’elles ont survolé le site.

K. me dit que mon association prône le châtiment corporel, ce que je démens. Chaque parent qui a été membre de l’association a fait des choix d’éducation personnels. Ce que j’écris dans ma lettre, ce n’est pas une louange aux châtiments corporels (terme assez fort), mais je pense que la correction physique peut être une solution dans un cadre familial. Toutefois, je ne l’utiliserais pas sur mes élèves parce que je connais le cadre de ma fonction. S’ensuit un débat stérile où j’affirme que l’interdiction de la fessée n’est pas passée dans la loi, mes collègues affirment le contraire.

Elles pensent que j’ai pris un risque en envoyant le mail et me demandent pourquoi je ne l’ai pas envoyé à la référente de la formation, à ma chargée de mission ou même aux collègues de l’école où je fais mon stage. Je reconnais alors qu’il ne me serait pas venu à l’esprit d’informer ces personnes, sachant que je n’ai pas de relation de proximité avec elles. Je n’aurais jamais pensé à partager une pétition avec ces personnes, peu importe le sujet. Je considérais davantage mes collègues de formation comme des étudiantes avec qui j’avais des relations plutôt sympathiques. En envoyant ce mail, je pensais avoir soit un soutien, soit de l’indifférence. Je ne pensais pas qu’elles allaient imaginer tout un tas de motivation secrète sur mon choix de profession. Je leur dis que je ne fais pas partie de Daech, je ne suis pas une terroriste.

Elles me demandent si je suis consciente du risque qu’une d’entre elles le fasse remonter à la référente de la formation (je n’y avais pas vraiment pensé), si je suis prête à risquer ma carrière et ma vie pour mon groupe. Je réponds par l’affirmative, sachant que je passe encore plus pour une extrémiste.

Elles me posent quelques questions sur le groupe : combien y a-t-il de membres ? Qu’est-ce que nous faisons ? Il y a dix-huit membres. Nous prions, nous méditons et nous avons des échanges philosophiques et spirituels. Une collègue, qui n’a pas participé à l’échange, me propose qu’on reparle un autre jour des activités du groupe parce qu’elle aimerait mieux comprendre. Je suis d’accord, mais elle ne me sollicitera pas à nouveau.

À la suite de cette discussion, le sujet n’est plus abordé. Nous nous en tenons à des échanges strictement professionnels.

Lundi 26 mars, je suis inspectée par l’inspecteur pédagogique régional du département où je suis en fonction. Il doit donner un avis, favorable ou défavorable, à la suite de mon inspection. Son avis s’ajoute à deux autres avis : celui du chef d’établissement et celui de ma tutrice. Une commission se réunira en juillet pour faire un choix d’après ces trois avis : validation, prolongement ou licenciement. Étant donné que j’ai déjà deux avis contradictoires, je devrais être présente lors de cette commission pour défendre mon travail. En effet, ma chef d’établissement a émis un avis favorable et ma tutrice un avis défavorable.

Je mène une séance de mathématiques en classe. S’ensuit un entretien conformément à la procédure habituelle. Nous analysons la séance lors de cet entretien. J’ai rencontré des difficultés au niveau didactique. L’inspecteur décide donc de revenir me visiter en mai.

Il me demande alors d’aller chercher le chef d’établissement. En sa présence, il m’annonce qu’il a été informé par l’ISFEC que j’ai envoyé un mail à mes collègues de formation. Ce mail contenait le lien d’un site internet sur lequel on pouvait lire une lettre que j’avais écrite. Le contenu de cette lettre est questionnant par rapport à mon point de vue sur l’autorité qu’exerce un adulte sur un enfant.

En résumé de cet entretien :

  • Je reconnais le caractère public de ma lettre.
  • Il m’annonce que j’ai commis une faute professionnelle par non-respect du devoir de réserve. Ayant passé le concours pour devenir fonctionnaire (mon statut est plus précisément celui de « contractuel de l’État »), je suis tenue au devoir de réserve.
  • Mon institut de formation a saisi l’inspecteur académique et je vais recevoir une convocation.
  • Il ne peut m’informer des conséquences de cette convocation.
  • Il ne valide pas les compétences 1, 2 et 6 du référentiel de compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation.

Compétence n°1 : Faire partager les valeurs de la République.

Compétence n°2 : Inscrire son action dans le cadre des principes fondamentaux du système éducatif et dans le cadre règlementaire de l’école.

Compétence n°6 : Agir en éducateur responsable et selon des principes éthiques.

Il a répété plusieurs fois qu’il ne validait pas ces trois compétences. Si ces compétences ne sont pas validées, j’ai très peu de chance d’être titularisée.

Je demande si c’est le contenu de la lettre qui est problématique. Il précise qu’il y a trois choses : le contenu de la lettre, le fait de la rendre public et le fait de demander un soutien à mes collègues. Ma lettre sera jointe à son rapport. Étant donné sa longueur, il estime que j’ai pris du temps pour l’écrire. Je confirme qu’elle reflète ma pensée profonde. Si je la retire du site (ce que je ne ferais pas), cela ne change rien à ma « faute ».

Le chef d’établissement n’est pas du tout intervenu, sauf à une reprise. L’inspecteur me dit qu’il a été informé il y a dix jours et ma chef d’établissement il y a seulement deux jours. Elle n’était pas au courant lorsqu’elle a rendu un avis favorable à ma titularisation. Elle le confirme.

Suite à cet entretien, je prends la décision de quitter l’Éducation Nationale, quoi qu’il arrive. Il y a d’ailleurs très peu de chance que je sois titularisée cette année et il se peut même qu’ils me licencient.

Le mercredi 9 mai, je me rends seule à la convocation. J’ai été « accueillie » par cinq personnes ! Le secrétaire général, l’inspecteur pédagogique, la directrice diocésaine, le directeur de l’institut de formation ainsi qu’une cinquième personne dont je n’ai pas retenu la fonction. Pour cet entretien, j’avais préparé la lettre suivante :

Le 9 mai 2018

Monsieur l’Inspecteur,

Je conteste l’accusation dont je fais l’objet. J’ai agi en tant que citoyenne face à une injustice. Quand la démocratie recule, c’est le devoir du citoyen de protester et de faire entendre sa voix et la voix de ceux qui sont victimes d’abus de pouvoir. J’ai soutenu un père de famille qui s’est vu retiré la garde de ses enfants car il était accusé de donner une éducation religieuse « contraignante ». Ces accusations ont été fondées sur des rumeurs et des propos rapportés, sans jamais vérifier les dires des uns ou des autres. Ce père de famille vit une pratique spirituelle et souhaite transmettre certaines valeurs à ses enfants. Des valeurs et un enseignement qu’il n’a pas trouvés dans l’école publique. C’est pourquoi il tente depuis plusieurs années d’inscrire ses enfants dans un établissement privé d’enseignement catholique. C’est également dans un établissement privé d’enseignement catholique que j’ai choisi d’exercer ma profession. 

Si mes propos pour soutenir cette famille sont allés à l’encontre du devoir de réserve et du principe de laïcité, cela veut-il dire qu’il n’y a plus de différence entre les écoles publiques laïques et les écoles privées d’enseignement catholique ? N’y a-t-il pas un flou sur ce que peut dire ou ne peut pas dire un enseignant du privé ? Quel est le sens du principe de laïcité dans un établissement qui a une double appartenance ? L’appartenance au service public d’éducation prévaut-elle sur l’appartenance à l’institution ecclésiale ? Comment concilier la neutralité demandée par l’État et en même temps respecter le caractère propre tel qu’il a été défini dans la Déclaration conciliaire du 28 octobre 1965 sur l’Éducation Chrétienne ?

Alors oui, j’ai exprimé ma foi publiquement et j’ai fait part de mes interrogations sur les tendances éducatives actuelles dans la société. Je n’ai pas tenu ces propos en classe, mais par un canal privé à l’attention de collègues de formation et sur l’espace public qu’est internet. Dans le mail que j’ai envoyé, « je sollicite [leur] attention ». Je ne dis pas « Soutenez cette famille ! » J’informe car je suis témoin d’une situation d’injustice. Je transmets un texte avec le lien d’un site internet pour celles qui voudraient en savoir plus, un texte « interpellant les citoyens ». Je ne parle même pas de la pétition. J’envoie ce mail avec mon adresse personnelle vers des adresses personnelles. Je n’ai pas encore publié ma lettre à ce moment (19 février / 25 février).

Ensuite, j’exprime mon souhait de « partager avec [elles] ces réflexions ». Nous sommes enseignants, nous avons un pouvoir sur les familles, comment l’utilisons-nous ? Est-ce que ça nous dérange si des élèves de notre classe reçoivent une éducation religieuse ? s’ils parlent de ce qu’ils vivent à la maison ? C’est en ce sens que je souhaitais amener une discussion.

Je leur ai soumis la question de la liberté de conscience : nous sommes libres de ne pas croire, mais sommes-nous libres de croire et de croire en des idées minoritaires ? Que se serait-il passé si j’avais défendu un père de famille et des enfants juifs ?

Quand j’ai envoyé ce mail, je n’aurais pas imaginé enfreindre le devoir de réserve car, durant mes deux années de formation, j’ai pu être témoin de propos et de situations tels que :

  • « Le caractère propre me permet de parler de Dieu avec moins de neutralité que dans une école publique. Pendant les 27 h, si on est chrétien dans une école chrétienne, on peut parler de sa foi et parler de Dieu. Il y a une heure spécifique en dehors de ces 27 h d’enseignement pendant laquelle on transmet vraiment un enseignement sur la religion chrétienne » Extrait d’un cours sur le caractère propre par le directeur de Sainte-Marie Grand Lebrun.
  • En stage de M1, l’enseignante de CM2 annonce aux élèves le décès de la mère d’un élève de CM1 dont elle était proche. Elle invite ses élèves à prier ensemble, ils disent le Notre Père, et elle leur lit des textes de Saints.
  • J’ai participé à des temps de culture chrétienne avec des échanges sur des passages de la Bible, des célébrations, une dévolution de tutelle etc.
  • À l’ISFEC, j’ai participé à des messes.
  • Il y a à peine quelques semaines, avant la reprise d’un cours, une formatrice nous a proposé un temps de prière.
  • Depuis la première année, quand le directeur de l’ISFEC s’adresse à nous, il ne cache pas sa foi personnelle et fait très souvent de l’apostolat.

Le problème, c’est que je pourrais citer d’autres formateurs, témoigner d’autres situations de classe qui sont contradictoires avec les faits que je viens de relever. Vous pourrez également me rappeler que j’ai passé le même concours que les enseignants du public et que je suis payée par l’État. J’ai aussi passé un entretien pour obtenir l’Accord collégial et ce sont les parents qui ont en charge les liens avec le culte. D’ailleurs, cet accord pose question. S’il y a réellement 17% d’enseignants qui ont choisi les établissements privés d’enseignement catholique pour des raisons de conviction religieuse, alors cela signifie que 83% d’entre eux ont menti lors de cet entretien…

En conclusion : chacun interprète selon son propre prisme de valeurs et sa vision politique de l’École. Le caractère propre n’est pas défini par l’État et le devoir de réserve ne repose pas sur une loi, mais sur la jurisprudence. Il n’est pas le devoir de se taire, mais de mesurer ses propos. Je peux aussi invoquer l’article 6 de la loi du 13 juillet 1983 qui stipule que : « La liberté d’opinion est garantie aux fonctionnaires. » (loi portant droits et obligations des fonctionnaires, dite loi Le Pors). L’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui vaut pour les fonctionnaires comme pour tout citoyen dit aussi : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. »

Démontrez-moi en quoi mes propos n’ont pas respecté le devoir de réserve car ils seraient excessifs, insultants ou donneraient une mauvaise image du service de l’Éducation nationale. Démontrez-moi en quoi l’expression de mes opinions a troublé l’ordre public.

Vous m’avez convoquée pour discuter ma manière de servir. J’aspire à un service éclairé. Je ne le trouve pas dans ce système oppressant. C’est pourquoi j’ai choisi de quitter l’Éducation Nationale.

Léa Calleau

Ils ont relevé plusieurs points :

  • Par rapport à cette lettre, ils m’ont répété que la loi est la même pour les enseignants du public et du privé et que le caractère propre ne s’applique pas sur les temps d’enseignement. Ce dont j’ai pu être témoin est faux ou ne devrait pas se produire.
  • Par rapport à mon mail, en m’adressant à mes collègues « en tant que professeur des écoles » je me suis prononcée au nom de l’institution, détail dont je n’avais pas connaissance au moment d’écrire mon mail. Je l’ai appris plus tard au cours de mes recherches sur le devoir de réserve. Il est vrai que j’aurais pu dire plus justement « en tant que future enseignante », « en tant qu’étudiante » ou encore « en tant que citoyenne », n’étant pas titularisée professeur des écoles. Mais si je ne suis pas tout à fait enseignante, pourquoi sont-ils si intransigeants ?
  • Par rapport à ma lettre ouverte, la partie sur l’éducation a posé question, notamment la manière dont j’ai structuré le texte peut laisser penser que je parle de la correction physique dans le cadre de l’enseignement, ce qui n’est pas le cas. J’avais déjà repris cette partie qui n’était pas explicite. Je l’ai reprise rapidement, étant donné que j’avais beaucoup de travail… pour préparer la classe. Elle mérite une nouvelle correction.
  • Certains de mes propos « système oppressant », « famille juive », quand je parle de la collègue qui a fait remonter mon mail, je qualifie cela de « délation », choquent le directeur de l’institut de formation. Est-ce que je compare l’Éducation nationale au système nazi ou au système de Vichy ? Certains aspects rappellent effectivement les systèmes totalitaires. Le contrôle exercé par la hiérarchie, la peur instillée pour nous pousser à obéir sans réfléchir afin d’accéder au diplôme, la délation, la sanction automatique, le signalement, la standardisation qui nous fait entrer dans le moule…

En conclusion, je vais rendre ma lettre de démission dans les semaines à venir. Je peux terminer l’année auprès de mes élèves. Cette décision a été précipitée par cet évènement, mais je pense que même sans cela, je me serais vite sentie à l’étroit dans ce système.

Lettre ouverte de Simone Duvert

Membre de l’association et du groupe spirituel GIROLLE, j’ai pu suivre les tribulations subies par Olivier JACQUET, séparé brusquement de ses 3 enfants suite au signalement de violence parentale déposé par la directrice de leur école à la suite de propos rapportés par d’autres parents et attribués aux enfants au moment de la séparation de Claire et Olivier.

De surcroit selon la juge s’adressant aux enfants, leur père appartiendrait à une « secte ».

Tout cela sans contacter directement l’intéressé ni le responsable du groupe spirituel dont la gestion administrative et comptable s’opère en totale transparence.

Ces évènements me renvoient au mois d’avril 1994 quand je pris la décision d’être membre du Groupe GIROLLE afin de suivre la démarche spirituelle répondant à mes aspirations.

Je mesurais la chance que j’avais dans notre république dont les textes fondamentaux affirment l’égalité des citoyens et leur protection dans l’exercice de leurs droits civiques, religieux ou spirituels et la transmission de ces valeurs à leurs enfants :

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 (intégrée à la constitution de 1958) :

Art. 10 – Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.

Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 :

Art. 7 – Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Art. 18 – Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Art. 20 – 1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d’une association.

Art. 26 – 3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

Art. 30 – Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un État, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

La constitution de la 5e République française de 1958 :

Art. premier : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.

Faut-il alors rechercher l’intrus dans le tableau des tribulations vécues par la famille d’Olivier JACQUET ? Elles témoignent en effet d’un arbitraire absolu interprétant fallacieusement (en les sortant de leur contexte réel) les propos des enfants interrogés de manière préconçue. La juge des enfants ne leur a-t-elle pas déclaré (avant d’avoir entendu leur père) qu’ils ne retourneraient pas dans la « secte » ?

Dans l’Histoire des nations nous retrouvons ces pratiques de déstructuration de familles par l’instrumentalisation des jeunes enfants utilisés à leur insu ou malgré eux pour dénoncer leurs parents et les condamner…

Ce tableau semble irréel. Je souhaite qu’il le soit et que Claire et Olivier retrouvent la garde alternée organisée par eux-mêmes avant qu’il ne soit trop tard pour réparer les graves conséquences de la séparation des enfants d’avec leur père et des accusations infondées dont il a été l’objet.

Lettre ouverte de Karim Coulaud

Je ne connais pas bien votre association car je viens tout juste de la découvrir en cherchant sur internet des livres de théosophie que j’ai eu le plaisir de trouver sur le site.

Dans une société profondément malade, ce qui est sain (je n’ai pas dit saint) sera considéré comme l’ennemi et tout ce qui touche à la spiritualité (la vraie) sera vu comme un ennemi venu troubler le doux sommeil hypnotique dans lequel, par le biais des médias, le pouvoir maintient la majorité des individus. Individus devenus trop souvent de simples consommateurs conditionnés à suivre les sentiers balisés conçus à grands coups de propagande par les dirigeants de ces multinationales qui mèneront cette civilisation à sa perte sans un éveil rapide des consciences.

Etant donné donc le contenu spirituel de ce site je ne suis pas étonné qu’on vous attaque.

Je vous soutient donc chaleureusement, comme le disait Stanislas Leszczynski : « La vérité est comme le soleil : une éclipse peut l’obscurcir, mais elle ne saurait l’ éteindre. »

Pour finir, je me permets de citer Macarven, précepteur de Vercingétorix, lorsqu’il répondit à Divitiac, druide partisan de la collaboration avec les Romains connus pour leur corruption et leur scepticisme :

« Ma foi est plus clairvoyante que la tienne. Pour vaincre tout à fait, il vaudrait mieux qu’elle périsse les armes à la main, au nom de sa supériorité ! Le triomphe passager de la matière sur l’esprit ne peut anéantir la vie de l’esprit, elle la consacre plutôt et la fait résurrectionner éternellement au-dessus de la victoire momentanée de l’ennemi. Au contraire, en acceptant, même par ruse, le conquérant qui la domine, elle s’humilie peu à peu, elle se livre. La défaite noble vaudrait mieux par sa résistance légitime, que la victoire brutale du nombre et de la force seule. Je n’ai confiance que dans la route perpétuelle, obstinée de la conscience. Parce qu’elle est droite, supérieure, décisive parmi tous les autres méandres elle va, elle mène plus loin. La quitter, l’abdiquer c’est se perdre, peut-être mourir et de la mort dont on ne se relève pas. Cette mort-là engloutit tout, si lourde qu’elle y entraîne l’âme écrasée sous le poids de son néant. »

Extrait du livre de Léons Denis, le Génie Celtique et le monde invisible

Que ces paroles vous apporte du courage et que la Vérité brille dans ces temps de ténèbres.

Karim Coulaud

Lettre ouverte de Marie-Jo Harribey

Je m’appelle Marie-José HARRIBEY, j’ai 65 ans, je suis mariée avec Jean-Daniel, nous avons une fille.

Jean-Daniel et moi sommes membres de l’association GIROLLE et de son groupe spirituel depuis 1990.

Depuis cette date et jusqu’à aujourd’hui, j’ai vu entrer et partir librement du groupe de nombreux membres en recherche. Beaucoup sont partis après quelques mois ou années et nous sommes quelques-uns à avoir continué cette démarche.

J’ai moi-même décidé de quitter ce groupe en 2002 pour vivre des désirs incompatibles avec une démarche spirituelle. Je n’ai plus eu alors aucun contact avec l’association GIROLLE ni son fondateur André Jacquet.

En 2008 j’ai souhaité reprendre cette démarche et repris contact avec André Jacquet qui a accepté, après un temps de probation, de me réintégrer dans le groupe.

Lorsque je suis partie en retraite, en 2012, je suis venue pendant trois ans tous les lundis passer une journée entière (de 8h à 20h) consacrée à la spiritualité au sein de la famille Jacquet. La journée était rythmée par les trois méditations quotidiennes, entre lesquelles je me consacrais, à ma guise, à des lectures ou recherches diverses en rapport avec l’enseignement des grands maîtres spirituels. Je partageais à midi le repas avec la famille Jacquet et les trois enfants lorsqu’ils étaient en vacances.

Depuis trois ans nous nous sommes installés à Salignac car nous souhaitions nous investir davantage dans notre démarche spirituelle en participant à toutes les activités de GIROLLE.

Pourquoi suis-je dans ce groupe ?

Parce que y sont abordées toutes les questions que je me posais depuis l’enfance sur le sens de la vie :

– quelle est l’origine de notre monde et sa raison d’être ?

– la vie se limite-t-elle à ce qui est visible ?

– qui suis-je réellement ?

– pourquoi les êtres sont-ils à la fois différents et semblables fondamentalement ?

– qu’est-ce qui explique le miracle et la beauté de la nature ?

– qu’est-ce que la mort ?

– qu’y a-t-il à comprendre à travers les conflits et difficultés de la vie ?

Etc…

Les réflexions dans le groupe, l’étude des enseignements des grands êtres et l’analyse individuelle me permettent d’élargir ma conscience en cherchant la Vérité en toute chose. Rien ne m’est imposé, j’étudie chaque hypothèse, j’expérimente et me fie à ce que mon intelligence valide ou non.

L’enseignement catholique que j’ai suivi dans mon enfance ne m’avait pas « accrochée », j’étais restée interrogative… Aujourd’hui, à partir d’un enseignement large et scientifique, qui inclut l’étude de la vie du Christ et des évangiles, j’ajoute progressivement des pièces au mystérieux puzzle que représente pour moi la connaissance de la vie. Conformément à ce que je pressentais, ce puzzle est gigantesque car la vie ne se limite pas au monde visible, comme en témoignent, par exemple, les nombreux témoignages de N.D.E. (expérience de mort imminente).

Embourbée dans une recherche insatiable de satisfactions de ses désirs, notre humanité est en souffrance. Mais ne vit-elle pas comme des voyageurs d’un train en marche vers une destination inconnue ?

Les bienfaits du travail d’analyse avec André Jacquet

Comme beaucoup de couples à l’heure actuelle, le mien a été au bord de la rupture. Il serait aujourd’hui détruit sans le travail d’analyse réalisé avec André Jacquet qui est un fervent défenseur du caractère sacré de l’engagement dans le mariage. Par sa connaissance de la nature humaine et des mécanismes humains, il nous a permis de mieux nous connaitre, de sortir de la guerre des sexes et d’apprendre à nous aimer, en acceptant nos imperfections dans la compréhension et le pardon.

Il a également été d’un grand secours pour notre fille qui a pâti de nos problèmes de couple. Son adolescence fut très difficile et aurait pu sérieusement compromettre sa vie d’adulte. L’analyse avec André lui a permis de sortir de ce passage difficile. Elle n’a jamais été membre du groupe.

Les soupçons qui pèsent sur André sont terriblement injustes ! Totalement exempt de désirs personnels, cet être consacre depuis longtemps sa vie au service de la souffrance humaine. Sa sagesse et sa bienveillance inébranlables sont riches d’enseignement. De tels êtres sont tellement rares sur notre terre qu’ils suscitent immédiatement la suspicion. Pourtant, seule la spiritualité pourra sauver les hommes. André Malraux l’avait bien compris, qui disait :

« Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas ! »

« L’homme ne devient homme que dans la poursuite de sa voie la plus haute. »

Mon vécu au sein de la famille Jacquet

De mes journées passées au sein de la famille Jacquet, je peux témoigner de l’ambiance joyeuse et bienveillante qui y règne. Cette atmosphère chaleureuse repose sur des règles de vie basées sur des valeurs d’Amour, de partage, de respect, de solidarité. André et son épouse forment un couple uni, aimant et complémentaire. La notion de service est très présente. Leurs fils, Philippe et Olivier, éprouvent pour eux, de toute évidence, reconnaissance, amour et respect. On perçoit simplicité et grandeur d’âme dans cette famille où chacun s’efforce de maintenir hauteur de vue, paix et harmonie.

Les trois enfants, Isabelle, Gabriel et Mickaël étaient pleins de joie et d’affection envers leurs parents et grands-parents. Ils bénéficiaient au sein de cette famille d’une attention exemplaire face à leurs besoins matériels, affectifs, psychologiques et éducatifs. Ils étaient intégrés dans toutes les activités de la famille, on ne cherchait pas à se débarrasser d’eux pour être tranquille comme c’est le cas dans de nombreux foyers. Le monde des adultes qui les entourait était un monde ouvert, disponible, totalement à leur service pour qu’ils puissent se construire dans la droiture, le respect des autres et apprendre à acquérir de belles vertus.

Manifestement, Ils se sentaient inclus, aimés, écoutés, pris en considération dans chacun de leurs questionnements. Leurs parents venaient les chercher ensemble le soir à l’école : n’est-ce pas une marque d’intérêt pour des enfants que les deux parents soient là à la sortie de l’école ? (Je me souviens encore des très rares fois où mon père est venu me chercher à l’école, la joie que j’éprouvais est restée gravée dans ma mémoire !)

Par contre les trois enfants n’avaient pas accès aux activités du groupe. Ils participaient seulement aux activités annexes, avec la famille et les membres voisins :

        1/4 d’heure de méditation (pour eux ils s’agissait de lectures spirituelles destinées aux enfants) le soir avant le repas en période scolaire et également le midi lorsqu’ils étaient en vacances ou en week-end.

        Chants religieux le soir avant le coucher : au début ils chantaient à tue-tête puis progressivement, lorsque les difficultés parentales ont commencé, les jumeaux sont devenus rétifs. Leurs parents se relayaient alors pour écourter leur temps de participation.

Si Isabelle est une enfant enjouée, volontaire, posée, affectueuse, Gabriel et Mickael, également affectueux, joyeux, et volontaires, sont toutefois très turbulents et difficiles à gérer. Ils requièrent une attention permanente et de fréquentes corrections de leurs comportements.

L’éducation des enfants

Leur éducation était assurée par leurs deux parents, Claire et Olivier, chacun assumant les tâches propres à sa fonction. Tous deux assuraient un suivi et intervenaient lorsqu’il fallait sanctionner un comportement préjudiciable. La famille n’interférait pas, André n’intervenait jamais et les laissait maitres en chaque situation.

Accuser Olivier de maltraitance relève d’une grande injustice. C’est un père impliqué, ferme et exigeant certes, mais juste et aimant. Il prend à cœur son rôle d’éducateur, conscient de la nécessité de les inciter à corriger tous travers susceptibles de générer des difficultés relationnelles et de poser problème à la société. N’est-il pas plus facile de privilégier son confort personnel (à court terme !) en laissant l’enfant se confronter tout seul au monde qui l’entoure ?

J’ai moi-même reçu une éducation permissive et je peux témoigner de la véracité de la conclusion d’André Jacquet à la fin d’une séance d’analyse individuelle :

« Lorsque l’enfant n’a pas été éduqué, c’est l’adulte qui trinque ! »

Olivier Jacquet applique pour ses enfants les principes éducatifs qu’il a reçus dans son enfance. N’est-il pas légitime de vouloir reproduire ce que l’on a expérimenté soi-même et qui a porté ses fruits ? La tâche est manifestement plus dure face à des jumeaux pleins d’énergie et de malice et, qui plus est, se renforcent mutuellement. Provocateurs, ils cherchent en permanence les limites. Force, fermeté et solidité sont indispensables pour parvenir à les cadrer. Ils sont épuisants, comment ne pas comprendre qu’à bout d’arguments, l’éducateur en vienne à une correction physique !

J’ai assisté à des corrections physiques (sans aucune gravité), données par leur père, et pu constater qu’elles étaient vite oubliées : dans les cinq minutes qui suivaient, ils étaient à nouveau joyeux et tournés vers de nouvelles activités.

Sur le plan alimentaire, ces enfants étaient tenus de manger de tout. Ce principe éducatif a une portée à la fois directe et indirecte.

Outre la préservation de l’équilibre alimentaire, il s’agit aussi de redresser la tendance naturelle de tout être humain à être dans le « j’aime… je n’aime pas ». Une quantité minime est proposée, mais si l’enfant refuse et recrache, l’éducateur doit-il abdiquer ?

En autorisant l’enfant à rejeter ce qui ne lui plait pas dans le repas familial, ne l’autorise-t-on pas, de manière plus large, à se différencier et développer progressivement égoïsme, séparatisme, individualisme ? Toutes ces caractéristiques qui nuisent tellement au bon fonctionnement de notre société aujourd’hui !

De l’évolution de notre Société

Il est vrai que cette éducation ne correspond pas à l’évolution de la société qui est devenue très permissive jusqu’à faire de chaque enfant un enfant-roi. Aujourd’hui, lorsque des enfants sortent d’un milieu familial qui les cadre dans tous leurs débordements, ils ne rencontrent pas à l’extérieur, et notamment dans le milieu scolaire, les mêmes exigences de comportement.

Gabriel et Mickaël se comportent à l’extérieur comme à la maison, cherchant en permanence les limites et peu sensibles aux réprimandes ou menaces. Sans doute cette pseudo-liberté leur permet-elle de dépasser les limites qu’ils ne peuvent franchir à la maison ?

Aujourd’hui, les enseignants ont les plus grandes difficultés à se faire respecter et faire respecter l’ordre. Ils déplorent la démission d’un grand nombre de parents qui viennent protester et défendre leurs enfants réprimandés… en revanche, ils signalent à la gendarmerie les parents qui sévissent après avoir été informés du mauvais comportement de leurs enfants…

Quelle autorité peut avoir à présent leur mère ? Va-t-elle parvenir à les canaliser par la douceur et le raisonnement ?

Hormis certains cas de véritable maltraitance, les adultes d’aujourd’hui ont, pour la plupart dans leur enfance essuyé quelques châtiments corporels sans en être traumatisés. J’ai moi aussi reçu des corrections physiques bien méritées parce que j’avais dépassé les limites. N’assistons-nous pas à une dérive de notre société ? Que vont devenir ces enfants qui n’hésitent pas aujourd’hui à menacer leurs parents d’aller se plaindre auprès des gendarmes s’ils s’estiment maltraités ? Leur confiance envers leurs parents n’est-elle pas compromise, avec toutes les conséquences qui en découlent ?

Je suis une femme et ne peux que reconnaître là le caractère purement féminin, voire féministe, de cette conception de l’éducation des enfants. Le féminin est protecteur, il apparente la rigueur du masculin à de la brutalité.

Si les pères sont désormais soumis à cette conception et perdent leur autorité spécifique, si les enfants jouissent d’une liberté de plus en plus grande aussi bien à l’école qu’à la maison, quelle sera leur confrontation à la société ? Les gendarmes, la police, la justice devront-ils prendre le relai des parents ? Il semblerait que ce soit déjà le cas aujourd’hui puisque le père des enfants, Olivier Jacquet, sans avoir été informé et auditionné, a été traité d’emblée comme un coupable et accusé par la juge sur la base des déclarations des gendarmes.

GIROLLE est-elle une secte ?

L’emballement des autorités suite au signalement de la directrice de l’école de Salignac laisse à penser que les accusations de maltraitance qui pèsent sur Olivier Jacquet ont été un prétexte pour mettre en cause notre groupe en vue d’une enquête pénale.

Tout ce qui concerne notre association, son fonctionnement, ses activités, est décrit sur le site. Notre transparence est totale. Nous déplorons que personne, à ce jour, ne se soit déplacé pour visiter, poser des questions afin d’acquérir une vue complète et objective de ce que nous sommes.

Puisse notre demande être entendue et la vérité clairement mise à jour…

 

Lettre ouverte de Claude Labroille

Lettre ouverte à tous ceux qui se sentent concernés par les droits de l’Homme bafoués

Je m’appelle Claude LABROILLE, j’ai 67 ans, je suis retraité et j’habite depuis bientôt 5 ans au 42 Chemin de Nouguerède à Salignac.

La justice de Gironde, par l’intermédiaire d’un juge des enfants, vient de prononcer une ordonnance à l’encontre d’Olivier JACQUET. Il se voit interdire, au moins le temps d’une enquête, et au motif de « méthodes éducatives contraignantes », d’être en rapport avec ses enfants. Cette ordonnance éveille en moi quelques interrogations. Je connais très bien Olivier JACQUET, puisque c’est le gendre de mon épouse, elle-même grand-mère maternelle des enfants, et par cette lettre je voudrais lui témoigner mon soutien le plus total.

Des jumeaux turbulents

Je ne m’éterniserai pas ici pour redire ce qu’a déjà décrit mon épouse à propos des enfants et des activités dont ils peuvent bénéficier chez nous comme chez eux. J’ajoute seulement une anecdote pour illustrer ensuite ce que le juge appelle des « méthodes éducatives contraignantes ». L’été dernier, un matin, alors que j’étais dans le jardin, j’ai vu arriver chez nous les jumeaux (ils habitent à une centaine de mètres). Ils m’expliquent qu’ils veulent se faire des arcs et des flèches. Sachant qu’ils se mettent souvent dans des situations périlleuses, je me garde bien alors de leur donner des informations à ce sujet. Mais j’ai compris plus tard qu’ils n’étaient pas venus pour en obtenir. Ils savaient que traînait dans mon jardin, au bord d’une allée, un morceau de verre poli qui ressemblait à un caillou. Au bout d’un moment, ils sont repartis, en le subtilisant sans me demander l’autorisation de l’emporter et sans que je m’en rende compte. Quelques minutes plus tard, ils étaient surpris chez eux, les mains déjà pleines de coupures, en train d’essayer de le tailler en forme de pointe de flèche. Ils avaient trouvé un tutoriel sur internet pour tailler des pointes de flèches à partir du verre, comme les hommes préhistoriques le faisaient à partir des silex !

Cela montre combien, à seulement neuf ans, ils sont rusés, inventifs et autonomes, et toutes les difficultés que cela peut poser pour les parents d’arriver à les gérer.

Une « planche », « méthode éducative contraignante » ?

Pour poursuivre sur cette anecdote, interrogés par les parents, ils ont affirmé que c’était moi qui leur avais donné ce morceau de verre. Après que j’ai pu infirmer cette version, ils ont eu à faire une planche (réflexion d’une demi-page environ) pour relater chacun séparément leur version des faits, faire apparaître la vérité par la confrontation des différents récits et les inciter à ne pas mentir.

Est-ce là une méthode éducative contraignante que d’inciter un enfant à s’interroger sur ses actes et ses mensonges ? C’est ce qu’affirme le juge qui incrimine notamment cette pratique éducative pour mettre un terme aux rapports entre un père et ses enfants.

Face à d’autres parents qui laissent déjà leurs enfants du même âge utiliser les réseaux sociaux, ou qui font de leurs filles des petites Lolita présentées dans des concours de mini-miss, qui est le plus à blâmer ?

La Justice se placerait-elle en arbitre entre les enfants et les parents ?

Ma grand-mère paysanne disait souvent : « Un enfant c’est comme un arbre, pour qu’il pousse droit et devienne beau, il faut un bon tuteur ». Tous les parents du monde sont des tuteurs et font ce qu’ils peuvent face à des enfants plus ou moins faciles. La Justice deviendrait-elle un arbitre entre les enfants et les parents, comme s’il existait un standard de référence définissant ce qui est nécessaire, utile, conseillé, superflu ou excessif, quelle que soit la personnalité de l’enfant ? En fonction de quels critères ? Or, sans qu’Olivier ait pu se défendre et s’expliquer sur l’éducation qu’il donne à ses enfants, un juge s’est permis d’apprécier, selon sa propre subjectivité, qu’ils étaient en danger et qu’ils devaient lui être soustraits.

Pour moi qui ai été jusqu’ici en contact quotidien avec eux, je peux témoigner que, s’ils sont encadrés avec rigueur, ils bénéficient aussi de beaucoup d’amour. Ils ne m’ont jamais donné l’impression d’être en souffrance, ou en contrainte autre que les interdictions de faire des bêtises comme en reçoivent tous les enfants du monde.

GIROLLE, une secte ?

Dans ce jugement, il est aussi fait mention de l’association « GIROLLE » (Groupe d’Incitation et de Recherche pour une Ouverture et une Libération des Langages de l’Etre), groupe spirituel minoritaire comme il convient de l’appeler, auquel Olivier Jacquet et moi-même appartenons.

Selon la Justice, cette association définirait des règles d’éducation contraignantes envers les enfants, et ceux-ci seraient humiliés devant tout le groupe. Alors que les enfants d’Olivier demandaient au juge de pouvoir continuer à voir leur père, il leur a été répondu : « Il n’en est pas question, je ne vais pas vous remettre dans une secte. » L’utilisation du mot « secte » est assez étonnante dans la bouche d’un juge qui, à ce titre, prononce un jugement alors que le terme « secte » n’existe pas juridiquement. En raison du principe de laïcité, mentionné dans la Constitution française, l’État n’a pas le droit de définir ce qu’est une religion, une secte ou un mouvement religieux. Mais, sachant tout le sens péjoratif, voire délictueux, que contient ce mot dans le langage courant aujourd’hui, son utilisation par le juge en aparté devant les enfants dès le début de l’audience, montre que le jugement était déjà prononcé avant même que les parents soient entendus. Sur quelles bases le juge peut-il formuler cette appréciation ? Vous trouverez nos réponses en suivant le lien « Dérive sectaire ? » dans la rubrique des activités du groupe GIROLLE.

L’ordonnance du juge a-t-elle vraiment une valeur ?

Non seulement l’association GIROLLE est citée à charge dans l’ordonnance à l’encontre d’Olivier Jacquet, mais nous avons compris, à partir de bribes de propos des uns et des autres, qu’une plainte au pénal était en cours contre l’association et que des éléments de ce dossier avaient été transmis au juge. Dans ces conditions, cette transmission aurait dû se faire en respectant le principe du contradictoire, c’est-à-dire en permettant à Olivier Jacquet d’apporter des réponses aux accusations portées contre lui et en les prenant en considération pour prononcer un jugement, ce qui n’a pas été le cas. Ce n’est pas moi qui édicte cette règle mais la première chambre civile de la Cour de Cassation, dans un arrêt en date du 14 février 2006. En conséquence de quoi on peut se demander quelle est la valeur de l’ordonnance du juge prononcée le 14 février.

GIROLLE, une machine à embrigader des enfants ?

Concernant la notion d’humiliation, en tant que membre du groupe, je ne peux que m’inscrire en faux contre une telle accusation et m’indigner sur le fonctionnement d’une justice qui peut la retenir à charge, sans aucune vérification des témoignages qui en font état.

Le fonctionnement du groupe a largement été décrit par d’autres sur ce site, je ne rappellerai donc ici que le minimum nécessaire à une bonne compréhension de mes propos.

Le groupe se réunit un samedi après-midi sur deux pour une séance de réflexion et d’échange sur un thème défini, en rapport avec l’enseignement spirituel auquel nous nous référons. Cette séance est suivie d’une méditation. Il se réunit aussi une fois par mois en soirée pour une méditation.

Jamais les enfants d’Olivier Jacquet n’ont participé à ces réunions, sauf chaque année, à celle qui précède Noël, où ils sont admis tout à fait à la fin pour recevoir, comme tous les membres, une rose blanche, symbole d’amour. Je peux affirmer qu’au cours de cette réunion, au contraire d’une humiliation, je n’ai jamais pu lire autre chose dans leur regard et leur attitude qu’une grande fierté.

Afin d’être complet sur le sujet des enfants des membres du groupe, il faut dire qu’il y a eu pour eux un groupe, dit « d’éveil ». Je vous renvoie à la lettre de Léa Calleau qui y a participé et qui donne tous les détails sur ce groupe d’enfants. Certains en ont fait partie durant toute leur scolarité jusqu’au Bac, d’autres se sont arrêtés en cours de route, d’autres n’en ont jamais été membres. A partir de l’âge de 12 ans ils ont pu aussi participer à la première partie des réunions de groupe des adultes afin d’assister à leurs réflexions. Ils pouvaient intervenir dans les échanges comme les adultes et être amenés à expliciter leur pensée, sans violence ni humiliation. Il me semble qu’un professeur qui interpelle ses élèves dans sa classe fait exactement la même chose. Sont-ils eux aussi des animateurs de secte ?

Il a été mis fin à l’activité de ce groupe d’éveil en 2012, et tous les jeunes à l’approche de leurs 18 ans ont été invités à cesser leur participation au groupe des adultes pour une durée indéterminée, d’au moins un an, leur retour n’étant possible qu’à leur demande exclusive, dûment motivée. Ils sont maintenant tous adultes et parfaitement intégrés socialement dans leur milieu. Tous ont fait ou terminent des études supérieures et seulement trois d’entre eux ont intégré maintenant le groupe des adultes.

Pour les trois enfants d’Olivier Jacquet qui sont beaucoup plus jeunes a été créé le groupe « Espérance » en 2015, mais, dans le courant du dernier trimestre 2017, les garçons n’ont pas souhaité continuer. Isabelle a poursuivi jusqu’à ce que cette procédure vienne interrompre l’activité.

A-t-on encore le droit d’apprendre à prier à un enfant ?

De plus, dans les mesures éducatives contraignantes justifiant la condamnation d’Olivier Jacquet, la justice mentionne l’obligation pour les enfants de faire la prière. En conséquence de quoi on peut en conclure que la liberté de conscience n’existe pas en France, ni celle d’éduquer ses enfants selon sa religion.

Si donc on utilise cet argument pour condamner Olivier Jacquet, alors tous les parents de France et de Navarre qui ont une pratique religieuse et qui souhaitent la transmettre à leurs enfants peuvent se retrouver dans la même situation, qu’ils soient chrétiens catholiques ou protestants, juifs, musulmans ou qu’ils appartiennent à une religion minoritaire. Un juge peut leur interdire de revoir leurs enfants car cette obligation est une mesure contraignante. Envoyer les enfants au catéchisme est contraignant, mais aller à l’école de musique ou à la danse le mercredi après-midi l’est aussi. Faut-il alors supprimer toute activité quelle qu’elle soit dès lors qu’elle demande à l’enfant de faire un effort ? Faut-il aussi supprimer l’école ? Car pour beaucoup d’enfants c’est terriblement contraignant ! Que dire aussi des chefs d’établissements scolaires privés dans lesquels la prière est intégrée dans le rythme quotidien des élèves ? On peut fermer leur établissement et les mettre en prison ? Ce qu’ils apprennent aux enfants est-il dangereux et constitue-t-il de la manipulation mentale ?

Où est la liberté de conscience en France ?

Voilà où nous en sommes en France en 2018. Les internautes qui arrivent sur ce site par les voies du hasard ou du bouche-à-oreille, peuvent aussi suivre le lien vers « La liberté de conscience en France – Un état des lieux troublant » dans la rubrique des documents à télécharger. Ils seront édifiés sur le fait que la France a mis en place une police de la pensée et à quel point elle est un modèle pour la Chine, l’Iran et le Kazakhstan, pays bien connus pour être les plus réfractaires à la liberté de conscience en particulier et aux droits de l’homme en général.

Faut-il rappeler à la justice, et aux autorités politiques qui ont le pouvoir de mettre un terme à cette situation, qu’il existe une Déclaration universelle des droits de l’homme, votée à l’ONU en 1948, ratifiée par la France, et dans laquelle sont garantis :

– le droit d’être entendu équitablement, ce qui a été refusé à Olivier Jacquet,

– la liberté de pensée, de conscience et de religion,

– le droit pour des parents de choisir l’éducation à donner à leurs enfants et la liberté de les éduquer en fonction de leurs convictions religieuses jusqu’à leur maturité.

Si, comme moi, vous estimez que la Justice ne peut prononcer de jugement en contradiction avec les droits de l’homme, alors, je vous engage vivement à signer et à faire signer largement la pétition, à la relayer sur les réseaux sociaux et à y laisser vos commentaires et expériences similaires.

                                                                               Claude LABROILLE

 

Lettre ouverte de Jean-Daniel Harribey

Je suis Jean Daniel HARRIBEY, j’ai 65 ans, habite SALIGNAC et fais partie de l’association GIROLLE depuis 1992.

Depuis plus de 25 ans je côtoie la famille JACQUET et j’ai très vite apprécié leur ouverture d’esprit, leurs connaissances, que ce soit en matière scientifique, psychologique, philosophique ou spirituelle, et l’amour qu’ils portent aux autres dont j’ai pu bénéficier dans des circonstances éprouvantes de ma vie.

Combien de fois me suis-je dit que si j’avais eu la chance de les connaître plus tôt, notamment Jean André, en voyant leur façon de vivre, d’être, de penser et de se comporter au quotidien dans la société, j’aurais sans nul doute éduqué ma fille d’une bien meilleure manière, avec beaucoup plus de présence, de psychologie, de patience et d’amour.

Olivier JACQUET, suite à la décision de justice d’une juge, vient de perdre la garde de ses enfants. Le récit chronologique et détaillé des évènements qu’Olivier décrit dans sa lettre et la sanction de justice qui s’en est suivie m’interroge. Un jugement ne peut-il être rendu qu’avec des dépositions à charge ? Est-ce bien de justice dont il s’agit ? Je croyais, jusqu’à ce jour, que lorsqu’il y avait une décision de justice la personne incriminée avait contre elle une déposition à charge mais qu’en contrepartie il y avait une déposition à décharge pour qu’il y ait un équilibre dans le jugement. Le symbole de la justice n’est-il pas une balance sur laquelle on pose sur un plateau tout ce qui est à charge et sur l’autre plateau tout ce qui est à décharge ? Je ne vois pas comment l’on peut « peser » un jugement avec un seul plateau sur lequel l’on ne dépose uniquement ce qui est à charge, à moins que les dés soient pipés dès le départ, mais dans ce cas le symbole de la justice ne devrait plus être une balance mais un gibet.

Je comprends très bien que lorsqu’il s’agit de maltraitance d’enfants il ne faille pas aviser le parent incriminé afin qu’il ne se doute de rien et qu’il n’enlève pas les enfants en commettant, dans le pire des cas, l’irréparable, mais n’y a-t-il pas un moyen d’interroger des gens connaissant bien le parent en question, susceptibles d’apporter un témoignage se rapprochant beaucoup plus de la vérité ?

Suffirait-il d’un être, mal intentionné pour diverses raisons, faisant une déposition au sein de certains organismes, défendant les droits des enfants ou des citoyens contre les dérives sectaires, pour que la justice s’emballe à ce point, induisant chez les enfants des perturbations psychologiques irrémédiables ? Se soucie-t-on vraiment des enfants ? Sous prétexte de les protéger ne leur est-il pas fait plus de mal que de bien ?

La justice de notre pays est-elle à ce point imparfaite ?

De quoi accuse-t-on Olivier JACQUET ? De trop de sévérité envers ses enfants ?

Pour avoir été plusieurs fois témoin du comportement de ses deux fils, jumeaux, qui testent en permanence les limites, je n’ai jamais trouvé qu’Olivier faisait preuve de trop de sévérité, j’ai toujours observé qu’il oscillait entre rigueur et miséricorde avec toujours beaucoup d’amour envers ses enfants et que ceux-ci adorent leur père car il leur donne également beaucoup d’affection. Maintes fois, en voyant le comportement des jumeaux, j’ai pensé qu’il ne doit pas y avoir beaucoup de parents capables de gérer de façon optimale, comme le fait Olivier, l’éducation de tels enfants – je parle des jumeaux et non pas de sa fille ainée qui est docile, gaie, ouverte aux autres. En effet les jumeaux débordent d’énergie, ils m’ont très vite fait penser à Speedy Gonzales des dessins animés que l’on voyait dans les années 1960 ou bien à Bip Bip dans Bip Bip et le Coyote ; ils ont la curiosité de vouloir tout découvrir. Par exemple, ils ont pu chambouler en deux minutes un garage dans lequel est rangé mon outillage de bricoleur, courir après notre chat dans la maison, ce dernier affolé étant allé se « fracasser » contre le meuble de la cuisine après une belle glissade sur le carrelage, remonter sur les tuiles d’un toit quand j’avais le dos tourné, quelques secondes après leur avoir dit de ne plus y monter pour ne pas casser les tuiles et surtout de ne pas tomber. Cela pour dire que lorsqu’ils sont ensemble ils sont difficilement gérables, le fait d’élever la voix étant rarement concluant. Ils sont aussi généreux et sont souvent prêts à aider les adultes. J’ai été surpris de voir à quel point ils pouvaient accomplir certaines tâches physiques en jumelant leurs forces, comme par exemple déplacer de grosses buches, ce qu’un adulte seul avait du mal à faire, ou ratisser en y mettant beaucoup d’énergie.

Dans ce jugement, qui condamne Olivier JACQUET pour l’éducation de ses enfants, je me pose la question suivante :

Combien de parents parmi les enquêteurs, juges et politiques qui votent nos lois sont-ils capables de donner une éducation aussi riche en ouverture d’esprit, en connaissances scientifiques, en présence, en amour que le fait Olivier envers ses enfants ? J’ose espérer qu’aucun d’entre eux n’a jamais tiré les cheveux et encore moins les oreilles de ses enfants et qu’ils ne se le permettront jamais sous peine de retrait d’autorité parentale. Lorsqu’on sanctionne en appliquant un règlement ou des lois il me parait évident que l’on doive s’appliquer une éthique déontologique.

De quoi accuse-t-on Olivier JACQUET ? De vivre dans une communauté ? – ce terme revenant, étonnamment, souvent dans l’accusation.

Communauté parce que la famille JACQUET, 3 générations, prend ses repas autour de la même table mais vivent dans 3 maisons différentes. Mais dans ce cas présent, s’agit-il de communauté ou bien de cohabitation intergénérationnelle ? Il me semble que l’on donne une connotation négative à ce terme de communauté en France alors que l’on devrait au contraire revenir à des valeurs familiales où les anciens peuvent apporter à leurs enfants, petits-enfants, arrières petits-enfants une sagesse acquise au cours de leurs vies. J’ai connu dans mon enfance cette expérience où il y avait autour de la table tous les jours 4 générations dont 3 vivaient sous le même toit et je peux dire que c’est riche d’enseignements. Il y avait autour de cette table mon grand-père paternel qui avait fait la guerre de 1914-1918 et avait été décoré de la Légion d’Honneur suite à sa bravoure, son courage et ses actes héroïques au champ de batailles durant cette guerre. Ne pensez-vous pas que les réponses aux nombreuses questions de l’enfant curieux que j’étais, ne soient pas riches d’enseignements ? Ne pensez-vous pas que son exemple de courage, prêt à donner sa vie, pour défendre une cause juste et son pays envahi par l’agresseur ne soit pas un exemple à suivre pour un enfant ?

Donc actuellement 3 générations autour de la même table n’est plus la norme et devient suspicieux, la norme serait qu’il n’y ait que 2 générations autour de la même table. Alors, en poussant le bouchon un peu plus loin, dans deux ou trois décennies il n’y aura plus qu’une seule génération autour de la même table, le père et la mère, car les enfants auront été enlevés dès la naissance aux parents afin qu’ils soient éduqués dans des centres spécialisés, parce que bien évidemment les parents ne seront plus aptes à l’éducation de leurs propres enfants suivant les normes en vigueur du moment.

De quelle société voulons-nous si nous enlevons la garde des enfants au père ? Une société de l’enfant roi qui n’est plus cadré et pour lequel tout est permis, sans rePÈRE, uniquement avec des « reMÈRE » puisque dans la grande majorité des cas ce sont les mères qui ont la garde des enfants lorsque les parents se séparent. Mais avec tout le respect que j’ai pour les mères, bien souvent elles n’ont pas la rigueur que peut avoir un père, elles sont plutôt enclines à la miséricorde, la nature nous a fait ainsi. Bien évidemment il serait beaucoup mieux que les parents ne se séparent pas afin de donner la meilleure éducation possible aux enfants, plus équilibrée avec les valeurs inhérentes à l’homme et à la femme, mais les parents actuels n’ont-ils pas été éduqués eux aussi comme des enfants rois et fatalement au bout de quelques années de vie commune ils ne se supportent plus. Ont-ils été habitués à l’effort, au dépassement de soi ? N’ont-ils pas été formatés pour être des consommateurs égoïstes ? De plus la société est tellement puissante que les parents ont beaucoup de difficultés à inculquer et faire appliquer les plus belles valeurs à leurs enfants.

Notre société est-elle en évolution ou en involution ? Sur le plan technologique elle avance à pas de géant, mais qu’en est-il sur le plan humain en ce qui concerne l’Amour, l’Altruisme, la Fraternité ? Ne sommes-nous pas centrés égoïstement sur l’avoir et non pas sur l’être ?

De quoi accuse-t-on Olivier JACQUET ? De donner une éducation religieuse trop contraignante pour ses enfants dans un cadre nommé, à tort une nouvelle fois, de communauté, comme si ce terme accusait déjà l’association GIROLLE, l’amalgame entre communauté et secte étant sous-jacent dans l’inconscient de beaucoup de gens et peut-être même instillé volontairement par certains de nos dirigeants politiques depuis plusieurs années.

Éducation religieuse trop contraignante ? Parce que les enfants suivent les cours de catéchisme, vont à la messe le dimanche, sont enfants de chœur, prient avec les adultes (une fois 10 minutes par jour à 19h00 ou deux fois 10 minutes par jour pendant les vacances scolaires à 12h00 et à 19h00) ? Prières consistant à lire des livres, adaptés à leur âge, sur les grandes religions ou sur les grands êtres ayant existés dans l’histoire de notre planète (Pythagore, Platon, Bouddha, Jésus, Gandhi, Mère Térésa…). Cette éducation religieuse, soi-disant trop contraignante, n’est-elle pas une ouverture d’esprit, un éveil à la curiosité et au développement de leur intelligence ?

Une éducation religieuse donnée à nos enfants serait-elle donc un problème à notre époque ?

Les enfants recevant chez eux une éducation religieuse seraient-ils montrés du doigt devant leurs petits camarades ?

Quel est le pourcentage d’enseignants athées, à l’école publique, qui instruisent nos enfants ? Ne sèmeraient-ils pas insidieusement dans l’esprit de nos enfants, consciemment ou inconsciemment, des graines d’athéisme ?

Seuls les athées détiendraient-ils la Vérité ? Seraient-ils les seuls bienpensants ?

Notre pays laïque depuis plus d’un siècle, se targuant d’être le porte étendard des droits de l’homme, est-il vraiment laïque et respecte-t-il vraiment les droits de l’homme ? Ne glisse-t-il pas de la laïcité vers l’athéisme ? Quelles en seront les conséquences ?

LAICITE : sur le site GOUVERNEMENT.fr

La laïcité repose sur trois principes et valeurs : la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions.

La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions. Elle assure aussi bien le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir.

Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : personne ne peut être contraint au respect de dogmes ou prescriptions religieuses.

La laïcité suppose la séparation de l’Etat et des organisations religieuses. L’ordre politique est fondé sur la seule souveraineté du peuple des citoyens, et l’Etat — qui ne reconnaît et ne salarie aucun culte— ne régit pas le fonctionnement interne des organisations religieuses.

De cette séparation se déduit la neutralité de l’Etat, des collectivités territoriales et des services publics, non de ses usagers. La République laïque assure ainsi l’égalité des citoyens face à l’administration et au service public, quelles que soient leurs convictions ou croyances.

La laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public.

 

Lettre ouverte de Jean-Luc et Virginie Bonedeau

Nous nous présentons, Jean-Luc et Virginie Bonedeau, habitant à Saintes.

Nous avons d’abord rencontré André Jacquet en tant que psychologue et découvert le groupe GIROLLE par l’intermédiaire de nos parents qui se sont engagés dans une démarche spirituelle avec d’autres membres de cette association à Salignac.

Étant restaurateurs et travaillant midi et soir six jours sur sept, nous avons confié nos filles, qui à cette époque avaient 8 et 12 ans, à nos parents pour leur assurer une stabilité familiale et un suivi scolaire. Nous avons vécu à cette époque tous ensemble.

À NOTRE demande et avec son accord, André Jacquet a accepté d’inscrire nos filles au groupe des jeunes de GIROLLE avec d’autre enfants de la même tranche d’âge.

Nous avons souhaité faire découvrir à nos enfants une orientation intellectuelle et un élargissement de conscience, par les mathématiques, la philosophie, la psychologie et la spiritualité, que nous ne connaissions pas.

Pendant ces années passées avec le groupe des jeunes, nos enfants se sont épanouis intellectuellement avec des résultats scolaires et universitaires impressionnants. Nous le devons à nos parents et au groupe GIROLLE et nous les en remercions avec beaucoup de gratitude.

Je suis au courant des démarches spirituelles et religieuses organisées au sein du groupe GIROLLE et depuis plus de 6 ans, moi, Virginie j’ai des entretiens d’analyse réguliers avec André Jacquet.

Durant mes visites, j’ai eu le plaisir de faire la connaissance d’Olivier Jacquet et de sa famille.

Lors de mes différentes rencontres avec la famille, j’ai ressenti de la joie, de la générosité, du respect et de l’amour qui contribuaient à l’épanouissement des enfants. Il m’est arrivé de prendre les jumeaux Gabriel et Michael et leur grande sœur Isabelle en balade. Durant ces moments j’ai pu constater que les jumeaux avaient une énergie hyper débordante et une curiosité insatiable qui me demandaient une surveillance de tout instant et une sévérité nécessaire pour le bienêtre et la sécurité de tous. Ils ne m’ont jamais fait part de mal-être et de punitions corporelles ; ce sont des enfants très équilibrés et intelligents qui peuvent reconnaitre le bien du mal, j’en suis convaincue. Pour contrebalancer leur exubérance un contrôle strict est nécessaire ; il est exercé par les parents dans une patience et un amour que j’admire.

Nous sommes de tout cœur avec eux dans ces moments difficiles.

Virginie et Jean Luc Bonedeau (avec l’aimable transcription de Henri et Michelle Denet)

Lettre ouverte de Henri Denet

Je m’appelle Henri DENET. J’ai 76 ans. Je suis retraité d’une société de Service du Bâtiment que j’ai rejoint après l’obtention d’un diplôme d’ingénieur de l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Strasbourg (devenue INSA) Spécialité Bâtiments et Travaux Publics. Je suis né d’un père instituteur. Il a adhéré au parti communiste juste après la seconde guerre mondiale par admiration pour le courage des membres de ce parti dans la lutte contre l’envahisseur et aussi par réaction contre les prises de positions de certaines personnalités pendant la guerre et contre l’attitude du Vatican qui lui a paru ambiguë vis-à-vis du régime Hitlérien.

Nous avons été élevés, mes deux sœurs et moi, dans l’ambiance militante d’une famille sans relations avec les parents de nos camarades d’école et de jeu. Nous nous sentions marginaux dans une société en reconstruction dans laquelle il était difficile de vivre avec un seul salaire de fonctionnaire. J’ai eu très tôt l’impression de ne pas être le bienvenu dans cette société. Je n’ai retiré de mon éducation initiale que les notions de politesse, de propreté sur soi, d’honnêteté, de respect des institutions. Rien ou presque sur le savoir être et encore moins sur les questions fondamentales que je me posais sur le « Pourquoi et le Comment de l’Homme ? » avec pour seule réponse que le hasard fait bien les choses… et cela ne m’a jamais satisfait !

C’est au cours d’une démarche relative à l’orientation des deux plus jeunes de nos enfants, que nous avons contacté, dans un premier temps l’associé d’André Jacquet, puis André Jacquet lui-même car rien de significatif n’avait pu être établi pour l’orientation de mon fils. Dès les premiers entretiens André Jacquet a rapidement posé un diagnostic. Les premières dispositions qu’il m’a encouragé à définir et mettre en œuvre ne concernaient que moi. Elles ont tout de suite apaisé mon fils qui a pris une orientation d’une manière plus positive et a obtenu un BTS.

Les problèmes de mon fils étaient étroitement liés aux miens et à mes comportements. J’ai pris alors conscience du vide de mon éducation, du « formatage » dont a été fait mon enfance, de mon incapacité à gérer un tant soit peu mes émotions. J’étais une personnalité égocentrique, facilement coléreuse, souvent rebelle et quelque fois agressive tout en ressentant au fond de moi une profonde aspiration à la sérénité, la bienveillance et la solidarité qui probablement traduisaient un désir d’être aimé.

En 1987, à la suite de ces consultations d’orientation nous avons exprimé ma femme et moi le choix de poursuivre des entretiens individuels. Nous avons émis le souhait d’adhérer à l’association GIROLLE pour participer à des réunions de réflexions philosophiques, d’enseignement de la psychologie, débouchant sur la connaissance de soi et sur une approche de la spiritualité. Cette approche qui établit un lien indissociable entre la spiritualité et la science effaçait totalement la rupture instillée dans mes pensées par les discours incessants de mes parents. Ils estimaient que la pauvreté était fille de la religion et qu’un Dieu ne pouvait que priver les hommes de liberté et encourager les riches à exploiter les pauvres.

La vie prenait enfin un sens. La voie dans laquelle nous nous sommes engagés conduit à une vie souvent laborieuse pour progresser. Elle promet, par notre travail spirituel et la connaissance de soi, dans un avenir encore lointain, d’ouvrir les portes des sphères supérieures, celles de la Création et de la Compréhension de l’Univers.

Lorsqu’en nous avons accueilli en 2007 la famille d’un de nos enfants (dont deux jeunes filles) de retour de l’étranger nous avons vécu en communauté familiale intergénérationnelle pendant près de 4 ans. Nos deux petites filles à la demande de leurs parents ont rejoint le groupe Girolle pendant 5 ans pour l’une et 7 ans pour l’autre. Elles l’ont quitté pour poursuivre leurs études (l’une travaille actuellement et semble bien réussir sur le plan professionnel) et la plus jeune après avoir réussi le Bac S tout en ayant une activité sportive intense, poursuit avec succès des études à la faculté des sciences. Nous leur avons apporté un soutien attentif et un contrôle rigoureux (qu’elles ont parfois trouvé contraignant) soutenues par les séances de travail au sein du groupe GIROLLE pendant leurs études jusqu’à la fin du secondaire. Les chemins de la réussite sociale sont aussi faits de contraintes et difficultés à surmonter.

Ce préambule me parait indispensable pour expliquer ma stupeur, mon indignation et ma tristesse devant la situation à laquelle est confrontée la famille Jacquet. J’éprouve encore du respect pour nos institutions et dans les principes civiques et moraux dispensés par l’école républicaine ; j’ai confiance en eux. Aujourd’hui j’assiste à ce que je considère être un déni de justice. Il évoque en moi les excès que peuvent connaitre certaines dictatures qui construisent des procès contre ceux qui ne veulent pas suivre les chemins qu’un pouvoir, qui se juge éclairé, veut voir suivre par « son » peuple.

Lors d’un de mes premiers contacts avec eux, les jumeaux sont montés dans ma voiture. Leur curiosité s’est concentrée sur toutes les commandes y compris le démarreur en ignorant toutes mes demandes d’arrêter, exprimées avec véhémence. La seule possibilité de mettre fin à cette situation a été de les sortir brutalement de la voiture alors qu’ils cherchaient à rester dans le véhicule. Oui, je dis brutalement car à mes yeux il n’y avait pas d’autre façon de faire cesser ce jeu destructeur et dangereux. Qu’aurai-je du faire pour l’arrêter ? Attendre que fatigués ils s’endorment ? Nous en étions arrivés mon épouse et moi à ne les sortir en promenade que lorsque nous étions l’un et l’autre disponibles, une seule personne ne parvenant pas à leur faire respecter les moindres consignes de prudence sur la route. Isabelle, d’une grande douceur recherchant l’affection auprès de tous ceux qui l’approchent, tentait quelque fois de calmer ses frères, mais sans grande réussite. Pourtant combien, tous les trois, sont attachants par leur joie de vivre, leur spontanéité, leur intelligence, leur générosité, leur gaieté et leur vivacité d’esprit !

L’agitation et la « résistance » des jumeaux est devenue plus intense lorsqu’ils ont été ébranlés par l’annonce d’une séparation prochaine des parents. Ils ont entrevu alors la possibilité de donner libre cours à leur turbulence, leur ignorance totale de toute forme de rappel à la discipline usuelle, simplement en jouant sur les tensions qui apparaissaient entre leurs parents. L’angoisse d’Isabelle a été très visible. Leur comparution devant les gendarmes a eu lieu dans un contexte très troublé et s’agissant d’une enquête à charge contre Olivier (puisque les enfants ont été, apriori, considérés comme victimes), il a dû être facile de leur faire dire des choses qui pouvaient être interprétées comme une charge contre leur père et leur grand-père. Les trois enfants, dans leur désarroi, mus par l’idée d’attirer la compassion de leurs interlocuteurs, ont pu présenter d’une façon un peu caricaturale leur vie de famille. L’amplification a certainement été plus forte chez Isabelle qui en était arrivée à parler à ses camarades de classe d’un souhait de mourir – une de mes connaissances me disait récemment « quel enfant n’a jamais dit une chose pareille ? »). Leurs confidences à leurs camarades d’école ont été interprétées et dramatisées à tous les niveaux et ont fini par constituer les preuves de la « culpabilité » d’un père dont le seul souci n’est en fait que d’assurer dans l’amour et la cohérence, une éducation correcte à ses enfants et conforme à ce qu’il pense être bon pour eux. De même celles relatives à leur grand -père qui est et a toujours été tourné vers l’ouverture d’esprit et le calme intérieur des enfants et des adultes qu’il rencontre ont été interprétés comme des excès d’autorité et des tentatives de manipulation mentale. Il est vrai que pour cette famille, ce qui parait beau ou bon ainsi que l’ouverture d’esprit incluent non seulement les mathématiques, la philosophie ou la psychologie mais aussi l’enseignement religieux et spirituel. Il ne s’agit pas d’une accumulation de savoirs, mais de l’acquisition d’un savoir être qui très progressivement permet de découvrir en soi les qualités divines qui feront de chacun, un jour, au bout d’un très long cheminement, des êtres humains transcendés, capables de se connecter aux énergies les plus élevées de la Création. Cette découverte est facilitée lorsque le bain familial en transmet les clés dès le plus jeune âge. Cela passe par la compréhension de l’inutilité des activités qui limitent les acquisitions des fausses connaissances et fausses valeurs liées au matérialisme dominant. Cela passe par l’exclusion des spectacles affligeants transmis par la télévision, de toutes formes de dépendances alimentaires (que beaucoup appellent « malbouffe »), des rivalités d’enfants sur le contenu de caisse à jouets et même de l’étalage des anatomies dénudées sur les plages à la mode. En résumé tout ce qui transforme notre humanité en robot de consommation. Toute activité y devient permise pour autant qu’elle rapporte de l’argent à ceux qui la promeuvent même si elle constitue un obstacle à toute évolution humaine vers un élargissement de conscience et une ouverture à la véritable nature de l’homme.

Un représentant de la justice peut-il froidement dire à des jeunes enfants, attachants dans leur spontanéité et leur envie de vivre mais excessivement turbulents, que la Loi ne permet à personne d’avoir un comportement brutal ou autoritaire envers eux sans tenir compte du véritable contexte dans lequel cela peut se produire ? Que penser d’un discours sur la manipulation mentale qui n’a pour but que de disqualifier les paroles d’un grand-père, qui a su dénouer dans une très grande bienveillance et un non moins grand respect humain, des tensions dans de si nombreuses familles ? Les magistrats ont-ils un monopole du savoir sur ce qu’est le bien pour les enfants, même lorsqu’ils cassent une éducation faite d’une harmonie affective et d’une discipline vigilante ? Ce sont pourtant des moyens très efficaces et qui ont fait leurs preuves pour conduire les enfants à prendre leur pleine autonomie.

Oui, la justice elle-même, en préconisant un droit de visite du père très restreint, finit par alimenter les tribunaux par des décisions inadaptées, hâtives qui ne laissent pas de place au contradictoire laissant entendre derrière l’épouvantail de l’accusation abusive et infondée, que vivre dans un groupe familial intergénérationnel est assimilable à une « dérive sectaire ».

Cet appareil judiciaire réalise-t-il que les jeunes délinquants d’aujourd’hui sont ceux qui, n’ayant jamais connu un cadre d’autorité en famille et à l’école, refusent toutes formes de règles dès leur 18 ans franchis. Nous le constatons tous les ans dans le comportement des jeunes apprentis dans l’entreprise de notre fils, qui ne savent pas assumer leur autonomie à leur majorité. Pour une grande partie, ils s’affranchissent de l’autorité parentale surtout lorsqu’elle est perturbée par une séparation ou qu’elle est exercée par un seul des parents. Ces jeunes deviennent ingérables, n’assistent plus aux cours magistraux associés à l’apprentissage et finissent sans diplôme. Les jeunes filles se retrouvent en situation très précaire et vulnérables et les garçons consommateurs de drogue ou poursuivis pour des créances impayées, les uns et les autres sans véritable volonté d’insertion dans un monde qui (selon eux) « ne les comprend pas » ! Et bien sûr, in fine, certains se retrouvent devant un tribunal pour… délinquance…

Est-il supportable qu’au sein de l’école, la demande explicite des gendarmes aboutisse à émettre un signalement à la protection de l’enfance sans en parler au père des enfants concernés, ni à son équipe, ni aux représentants de parents d’élèves ? Seule à la mère en a été informée. Est-il acceptable qu’un édile du village, bien qu’averti n’ait tenté aucune médiation avant que le couperet de la justice tranche les liens très forts qui unissent parents et enfants, prétendant « être démuni dans sa fonction » pour intervenir ? Manque de courage, indifférence ou hostilité ? Une fonction ne permet-elle pas d’avoir un comportement humain ? La parole d’un édile municipal ne suffit-elle pas souvent pour éviter que naissent des situations aussi insupportables pour des jeunes enfants et leurs parents en difficulté ? Les protagonistes de ces prises de décisions ont-ils conscience des ravages affectifs et psychologiques qu’ils sont en train de générer chez ces enfants ? Les jumeaux mettront probablement très rapidement en garde les adultes contre toute tentative de contrainte éducative en les menaçant de dénonciation à l’annonce d’une quelconque sanction, soit-elle la demande d’un écrit ! Qui pourra maintenant, d’une façon crédible, mettre une limite à leurs fantaisies même si elles sont nocives ou inappropriées ?

Comment pouvons-nous accepter en France qu’une décision de justice soit signifiée à un citoyen qui n’en a été informé qu’au moment de l’audition de sa femme et de ses enfants (considérés tous les quatre par les gendarmes enquêteurs comme victimes) qui a été conduite à charge sans qu’aucune nuance demandée par les prétendues victimes ne soit retenue ? Une décision est prise et signifiée à Olivier en des termes tels, que l’issue ne peut plus être autre chose que la limitation draconienne de son droit de visite aux enfants. Elle est assortie d’accusations sous-jacentes de dérive sectaire présentées comme étant à l’origine du comportement reproché à Olivier et à son Père André ! Accusations qui ne sont prouvées par aucun constat factuel et qui n’ont jamais été abordées dans une discussion contradictoire en présence des personnes concernées.

Le principe du contradictoire n’est pas respecté : en juillet prochain lorsque l’enquête sera terminée, même si elle conclut à l’absence de gravité du comportement d’Olivier (ce dont je suis persuadé), les insinuations sur les hypothétiques « dérives sectaires » ne serviront-elles pas de prétexte pour retirer à Olivier tout droit à la garde alternée des enfants… même si ces derniers réclament très fortement de rencontrer régulièrement et facilement leur père dans un cadre familial !

Échec et Mat ! Mais la justice n’est pas un jeu d’échec ! Quand on joue aux échecs on met en jeu son orgueil et la satisfaction de soi ! Il ne s’agit pas d’un jeu de ce type, mais de la vie des enfants et de l’investissement d’un homme dans l’éducation de ses enfants. Quelle piètre image de la justice et de notre pays sont-elles données dans les premières décisions émises ! Des personnes pleines d’amour et de bienveillance sont accusées de manipulations mentales et tout est fait pour détruire l’image des éducateurs que les enfants aiment et veulent retrouver ? N’est-ce pas une tentative de leur faire dire que c’est pour leur bien qu’ils en soient éloignés ? Et pour les en convaincre une décision très rigoureuse pour le père des enfants est notifiée dans une affaire qui n’aurait jamais dû arriver dans les mains de la justice.

Faut-il le dire à nouveau ?

LA FRANCE EST LE PAYS DES DROITS DE L’HOMME…

NE LES LAISSONS PAS ÊTRE BAFOUÉS !

Courage aux trois grévistes de la faim qui élèvent une protestation solennelle contre une application aussi brutale d’une législation inadaptée.