Lettre ouverte de Irène Laurière

Je m’appelle Irène Laurière, j’ai 54 ans, je suis kinésithérapeute à Salignac.

Je connais André Jacquet et sa famille depuis février 2002 et ai choisi d’être membre du groupe GIROLLE une douzaine d’années jusqu’en septembre 2017.

J’ai sollicité l’aide d’André en 2002, je vivais une relation difficile avec un de mes fils et j’étais attirée par un questionnement spirituel. Il m’a été d’une aide et d’une patience au-delà de ce que je pouvais imaginer.

D’autres lettres de soutien expriment les dons et bontés dont nous avons bénéficiés.

La recherche spirituelle à travers le questionnement essentiel de l’existence se poursuit, je me suis écartée du groupe GIROLLE qui a été pour moi un merveilleux terreau pour vivre ma Foi dans une relation à Dieu dans la voie Catholique.

Si Madame la juge le souhaite, je suis à la disposition de la justice pour apporter mon témoignage.

J’écris cette lettre de soutien :

 – Car accuser de secte, un groupe spirituel et/ou religieux qui met l’Amour, la Foi en lumière, est une attaque contre Dieu.

Si GIROLLE était une secte, y aurait-il autant de témoignages élogieux d’anciens membres ?

Pour nous, anciens membres ou sympathisants de longues dates, n’est-ce pas nous affubler d’une incapacité de discernement, nous faire penser que nous aurions été de « pauvres victimes » d’une secte ? (comme pour les membres actuels d’ailleurs !)

J’ai consacré plusieurs années de réflexion avant de m’engager dans le groupe et en suis partie sans être retenue après m’être entretenue avec André.

À aucun moment je n’ai été influencée par André Jacquet pour y entrer ou en sortir.

Si ce groupe était une secte, cela aurait été en toute logique le contraire.

À l’image d’autres groupes spirituels, vivre pour Dieu, consacrer sa vie à Dieu signifie pour tous les adeptes et religieux du monde, de Lui proposer sa vie en offrande (l’actualité récente a mis en valeur en France le « sacrifice » de Arnaud Beltrame par exemple).

Cela revêt moultes aspects visibles ou invisibles pleinement connus de Dieu. Cela suppose reconnaître l’existence d’une âme et d’une vie après la vie terrestre… Une personne pour laquelle ce questionnement n’est pas vital, qui n’a pas une pratique profonde et intériorisée de la Foi, qui n’a pas recherché l’Amour de Dieu, peut-elle comprendre cette joie très particulière, les efforts qu’un groupe décide de soutenir ensemble pour devenir à l’image de Dieu ?

Alors qui peut nous « juger » dans notre société actuelle ? Qui peut se désigner comme « juge » pour déterminer si telle ou telle pratique d’un cheminement vers Dieu d’un groupe ou d’une orientation éducative est à condamner ? Cette question s’articule avec la dernière raison de cette lettre.

– Parce qu’il est intolérable d’être, en France en 2018, condamné sans être entendu alors qu’aucune vie n’est en danger.

Je ne savais pas que cela était possible. C’est très inquiétant. Comment ne pas penser que l’auteur de telle décision n’a pas de préjugés et abuse de son pouvoir ?

Or l’institution qui l’emploie a le devoir de protéger tout citoyen de ce type de pratique avant tout jugement. Nous sommes otages de telles décisions alors que nos contributions participent à la rémunération de l’institution judiciaire…

Comment encourager nos enfants à respecter les lois, les institutions ? Quels arguments allons-nous soutenir face à leurs intelligences ? Cela est un contre argument au respect de la Loi, par conséquent renforce l’idée d’anarchie reine de libertés individuelles…

– Pour lutter contre l’ingérence dans l’éducation de nos enfants au sein de nos familles.

Parce que c’est la loi.

Une famille va être une référence pour les enfants.

Un tuteur peut être contraignant pour un jeune plant qui est balloté par des vents violents et contraires à son enracinement solide.

Quelles connaissances projectives de toutes les interactions des sciences humaines faudrait-il pour se permettre de juger si telle famille sera finalement bonne ou néfaste ?

Les conséquences sur toute l’existence des enfants et de la famille sont immesurables pour bien des acteurs de telles décisions.

Aussi, qu’il est difficile de ne pas s’insurger contre le manque de prudence, qui condamne père, mère, enfants et grands-parents, éclatant ainsi le noyau d’une cellule familiale, condamnant par la même l’amour de l’autorité protectrice d’un père…

En poussant la réflexion, peut-être un jour viendra où il sera décidé d’interdire tel ou tel couple d’avoir des enfants de par leur orientation religieuse ou spirituelle considérée comme dangereuse ?

Pour le présent, les enfants en souffrent, mais c’est pour leur bien « à venir » n’est-ce pas ?

Peut-être aurait-il mieux valu que ces enfants ne viennent pas au monde puisqu’ils sont à ce point en danger dans leur propre famille ?