Lettre ouverte de Claude Labroille

Lettre ouverte à tous ceux qui se sentent concernés par les droits de l’Homme bafoués

Je m’appelle Claude LABROILLE, j’ai 67 ans, je suis retraité et j’habite depuis bientôt 5 ans au 42 Chemin de Nouguerède à Salignac.

La justice de Gironde, par l’intermédiaire d’un juge des enfants, vient de prononcer une ordonnance à l’encontre d’Olivier JACQUET. Il se voit interdire, au moins le temps d’une enquête, et au motif de « méthodes éducatives contraignantes », d’être en rapport avec ses enfants. Cette ordonnance éveille en moi quelques interrogations. Je connais très bien Olivier JACQUET, puisque c’est le gendre de mon épouse, elle-même grand-mère maternelle des enfants, et par cette lettre je voudrais lui témoigner mon soutien le plus total.

Des jumeaux turbulents

Je ne m’éterniserai pas ici pour redire ce qu’a déjà décrit mon épouse à propos des enfants et des activités dont ils peuvent bénéficier chez nous comme chez eux. J’ajoute seulement une anecdote pour illustrer ensuite ce que le juge appelle des « méthodes éducatives contraignantes ». L’été dernier, un matin, alors que j’étais dans le jardin, j’ai vu arriver chez nous les jumeaux (ils habitent à une centaine de mètres). Ils m’expliquent qu’ils veulent se faire des arcs et des flèches. Sachant qu’ils se mettent souvent dans des situations périlleuses, je me garde bien alors de leur donner des informations à ce sujet. Mais j’ai compris plus tard qu’ils n’étaient pas venus pour en obtenir. Ils savaient que traînait dans mon jardin, au bord d’une allée, un morceau de verre poli qui ressemblait à un caillou. Au bout d’un moment, ils sont repartis, en le subtilisant sans me demander l’autorisation de l’emporter et sans que je m’en rende compte. Quelques minutes plus tard, ils étaient surpris chez eux, les mains déjà pleines de coupures, en train d’essayer de le tailler en forme de pointe de flèche. Ils avaient trouvé un tutoriel sur internet pour tailler des pointes de flèches à partir du verre, comme les hommes préhistoriques le faisaient à partir des silex !

Cela montre combien, à seulement neuf ans, ils sont rusés, inventifs et autonomes, et toutes les difficultés que cela peut poser pour les parents d’arriver à les gérer.

Une « planche », « méthode éducative contraignante » ?

Pour poursuivre sur cette anecdote, interrogés par les parents, ils ont affirmé que c’était moi qui leur avais donné ce morceau de verre. Après que j’ai pu infirmer cette version, ils ont eu à faire une planche (réflexion d’une demi-page environ) pour relater chacun séparément leur version des faits, faire apparaître la vérité par la confrontation des différents récits et les inciter à ne pas mentir.

Est-ce là une méthode éducative contraignante que d’inciter un enfant à s’interroger sur ses actes et ses mensonges ? C’est ce qu’affirme le juge qui incrimine notamment cette pratique éducative pour mettre un terme aux rapports entre un père et ses enfants.

Face à d’autres parents qui laissent déjà leurs enfants du même âge utiliser les réseaux sociaux, ou qui font de leurs filles des petites Lolita présentées dans des concours de mini-miss, qui est le plus à blâmer ?

La Justice se placerait-elle en arbitre entre les enfants et les parents ?

Ma grand-mère paysanne disait souvent : « Un enfant c’est comme un arbre, pour qu’il pousse droit et devienne beau, il faut un bon tuteur ». Tous les parents du monde sont des tuteurs et font ce qu’ils peuvent face à des enfants plus ou moins faciles. La Justice deviendrait-elle un arbitre entre les enfants et les parents, comme s’il existait un standard de référence définissant ce qui est nécessaire, utile, conseillé, superflu ou excessif, quelle que soit la personnalité de l’enfant ? En fonction de quels critères ? Or, sans qu’Olivier ait pu se défendre et s’expliquer sur l’éducation qu’il donne à ses enfants, un juge s’est permis d’apprécier, selon sa propre subjectivité, qu’ils étaient en danger et qu’ils devaient lui être soustraits.

Pour moi qui ai été jusqu’ici en contact quotidien avec eux, je peux témoigner que, s’ils sont encadrés avec rigueur, ils bénéficient aussi de beaucoup d’amour. Ils ne m’ont jamais donné l’impression d’être en souffrance, ou en contrainte autre que les interdictions de faire des bêtises comme en reçoivent tous les enfants du monde.

GIROLLE, une secte ?

Dans ce jugement, il est aussi fait mention de l’association « GIROLLE » (Groupe d’Incitation et de Recherche pour une Ouverture et une Libération des Langages de l’Etre), groupe spirituel minoritaire comme il convient de l’appeler, auquel Olivier Jacquet et moi-même appartenons.

Selon la Justice, cette association définirait des règles d’éducation contraignantes envers les enfants, et ceux-ci seraient humiliés devant tout le groupe. Alors que les enfants d’Olivier demandaient au juge de pouvoir continuer à voir leur père, il leur a été répondu : « Il n’en est pas question, je ne vais pas vous remettre dans une secte. » L’utilisation du mot « secte » est assez étonnante dans la bouche d’un juge qui, à ce titre, prononce un jugement alors que le terme « secte » n’existe pas juridiquement. En raison du principe de laïcité, mentionné dans la Constitution française, l’État n’a pas le droit de définir ce qu’est une religion, une secte ou un mouvement religieux. Mais, sachant tout le sens péjoratif, voire délictueux, que contient ce mot dans le langage courant aujourd’hui, son utilisation par le juge en aparté devant les enfants dès le début de l’audience, montre que le jugement était déjà prononcé avant même que les parents soient entendus. Sur quelles bases le juge peut-il formuler cette appréciation ? Vous trouverez nos réponses en suivant le lien « Dérive sectaire ? » dans la rubrique des activités du groupe GIROLLE.

L’ordonnance du juge a-t-elle vraiment une valeur ?

Non seulement l’association GIROLLE est citée à charge dans l’ordonnance à l’encontre d’Olivier Jacquet, mais nous avons compris, à partir de bribes de propos des uns et des autres, qu’une plainte au pénal était en cours contre l’association et que des éléments de ce dossier avaient été transmis au juge. Dans ces conditions, cette transmission aurait dû se faire en respectant le principe du contradictoire, c’est-à-dire en permettant à Olivier Jacquet d’apporter des réponses aux accusations portées contre lui et en les prenant en considération pour prononcer un jugement, ce qui n’a pas été le cas. Ce n’est pas moi qui édicte cette règle mais la première chambre civile de la Cour de Cassation, dans un arrêt en date du 14 février 2006. En conséquence de quoi on peut se demander quelle est la valeur de l’ordonnance du juge prononcée le 14 février.

GIROLLE, une machine à embrigader des enfants ?

Concernant la notion d’humiliation, en tant que membre du groupe, je ne peux que m’inscrire en faux contre une telle accusation et m’indigner sur le fonctionnement d’une justice qui peut la retenir à charge, sans aucune vérification des témoignages qui en font état.

Le fonctionnement du groupe a largement été décrit par d’autres sur ce site, je ne rappellerai donc ici que le minimum nécessaire à une bonne compréhension de mes propos.

Le groupe se réunit un samedi après-midi sur deux pour une séance de réflexion et d’échange sur un thème défini, en rapport avec l’enseignement spirituel auquel nous nous référons. Cette séance est suivie d’une méditation. Il se réunit aussi une fois par mois en soirée pour une méditation.

Jamais les enfants d’Olivier Jacquet n’ont participé à ces réunions, sauf chaque année, à celle qui précède Noël, où ils sont admis tout à fait à la fin pour recevoir, comme tous les membres, une rose blanche, symbole d’amour. Je peux affirmer qu’au cours de cette réunion, au contraire d’une humiliation, je n’ai jamais pu lire autre chose dans leur regard et leur attitude qu’une grande fierté.

Afin d’être complet sur le sujet des enfants des membres du groupe, il faut dire qu’il y a eu pour eux un groupe, dit « d’éveil ». Je vous renvoie à la lettre de Léa Calleau qui y a participé et qui donne tous les détails sur ce groupe d’enfants. Certains en ont fait partie durant toute leur scolarité jusqu’au Bac, d’autres se sont arrêtés en cours de route, d’autres n’en ont jamais été membres. A partir de l’âge de 12 ans ils ont pu aussi participer à la première partie des réunions de groupe des adultes afin d’assister à leurs réflexions. Ils pouvaient intervenir dans les échanges comme les adultes et être amenés à expliciter leur pensée, sans violence ni humiliation. Il me semble qu’un professeur qui interpelle ses élèves dans sa classe fait exactement la même chose. Sont-ils eux aussi des animateurs de secte ?

Il a été mis fin à l’activité de ce groupe d’éveil en 2012, et tous les jeunes à l’approche de leurs 18 ans ont été invités à cesser leur participation au groupe des adultes pour une durée indéterminée, d’au moins un an, leur retour n’étant possible qu’à leur demande exclusive, dûment motivée. Ils sont maintenant tous adultes et parfaitement intégrés socialement dans leur milieu. Tous ont fait ou terminent des études supérieures et seulement trois d’entre eux ont intégré maintenant le groupe des adultes.

Pour les trois enfants d’Olivier Jacquet qui sont beaucoup plus jeunes a été créé le groupe « Espérance » en 2015, mais, dans le courant du dernier trimestre 2017, les garçons n’ont pas souhaité continuer. Isabelle a poursuivi jusqu’à ce que cette procédure vienne interrompre l’activité.

A-t-on encore le droit d’apprendre à prier à un enfant ?

De plus, dans les mesures éducatives contraignantes justifiant la condamnation d’Olivier Jacquet, la justice mentionne l’obligation pour les enfants de faire la prière. En conséquence de quoi on peut en conclure que la liberté de conscience n’existe pas en France, ni celle d’éduquer ses enfants selon sa religion.

Si donc on utilise cet argument pour condamner Olivier Jacquet, alors tous les parents de France et de Navarre qui ont une pratique religieuse et qui souhaitent la transmettre à leurs enfants peuvent se retrouver dans la même situation, qu’ils soient chrétiens catholiques ou protestants, juifs, musulmans ou qu’ils appartiennent à une religion minoritaire. Un juge peut leur interdire de revoir leurs enfants car cette obligation est une mesure contraignante. Envoyer les enfants au catéchisme est contraignant, mais aller à l’école de musique ou à la danse le mercredi après-midi l’est aussi. Faut-il alors supprimer toute activité quelle qu’elle soit dès lors qu’elle demande à l’enfant de faire un effort ? Faut-il aussi supprimer l’école ? Car pour beaucoup d’enfants c’est terriblement contraignant ! Que dire aussi des chefs d’établissements scolaires privés dans lesquels la prière est intégrée dans le rythme quotidien des élèves ? On peut fermer leur établissement et les mettre en prison ? Ce qu’ils apprennent aux enfants est-il dangereux et constitue-t-il de la manipulation mentale ?

Où est la liberté de conscience en France ?

Voilà où nous en sommes en France en 2018. Les internautes qui arrivent sur ce site par les voies du hasard ou du bouche-à-oreille, peuvent aussi suivre le lien vers « La liberté de conscience en France – Un état des lieux troublant » dans la rubrique des documents à télécharger. Ils seront édifiés sur le fait que la France a mis en place une police de la pensée et à quel point elle est un modèle pour la Chine, l’Iran et le Kazakhstan, pays bien connus pour être les plus réfractaires à la liberté de conscience en particulier et aux droits de l’homme en général.

Faut-il rappeler à la justice, et aux autorités politiques qui ont le pouvoir de mettre un terme à cette situation, qu’il existe une Déclaration universelle des droits de l’homme, votée à l’ONU en 1948, ratifiée par la France, et dans laquelle sont garantis :

– le droit d’être entendu équitablement, ce qui a été refusé à Olivier Jacquet,

– la liberté de pensée, de conscience et de religion,

– le droit pour des parents de choisir l’éducation à donner à leurs enfants et la liberté de les éduquer en fonction de leurs convictions religieuses jusqu’à leur maturité.

Si, comme moi, vous estimez que la Justice ne peut prononcer de jugement en contradiction avec les droits de l’homme, alors, je vous engage vivement à signer et à faire signer largement la pétition, à la relayer sur les réseaux sociaux et à y laisser vos commentaires et expériences similaires.

                                                                               Claude LABROILLE